Photo : Allisson Godfroy / Puissance Télévision
Photo du bois de Narcy

À Narcy, le plan d’aménagement forestier fait toujours débat

Vie locale
contenu publi-rédactionnel

Vendredi 12 novembre, la salle des fêtes de Narcy a accueilli une réunion publique concernant le controversé plan d’aménagement forestier du bois de Narcy. Ce dernier a été lourdement impacté lors de la tempête de 1999.

Le contexte du plan : la tempête de 1999

Le 26 décembre 1999, la tempête Lothar a causé de lourds dégâts dans le nord-est de la France, et particulièrement dans les forêts et sur les routes, avec des rafales enregistrées à plus de 150 kilomètres/heure. Cette tempête, catégorisée comme catastrophe naturelle, avait fait 92 victimes et causé plusieurs milliards d’euros de dégâts.

En Haute-Marne, le bois de Narcy a été considérablement impacté : sur les 109 hectares que constituent la forêt, 53 d’entre eux ont été ravagés, constituant plus de 80 % du bois à régénérer.

Pourquoi ce plan fait-il débat ?

Le plan d’aménagement forestier, qui prévoit la gestion de la forêt sur le long terme, a été élaboré en 2018 et proposé en 2019 au conseil municipal de Narcy, durant lequel il a été adopté. Par la suite, le projet a été validé par le département de Haute-Marne, la région Champagne-Ardenne et la région Grand Est.

Les travaux du bois de Narcy auraient pu débuter suite à ces approbations, mais la mairie de Narcy a décidé de publier le plan d’aménagement forestier dans le bulletin du conseil municipal, ce qui a conduit à l’émergence d’une pétition contre ce projet.

Pour cette raison, notamment, la commune a pris l’initiative d’organiser une réunion publique qui s’est tenue le vendredi 12 novembre. Pour le maire de Narcy, Franck Leclere, l’intérêt de cette réunion était multiple : présenter le plan avec encore plus de précisions, être totalement transparent sur le projet de gestion du bois de Narcy, et avoir l’avis de ses concitoyens sur le sujet.

« Nous avons prévu cette réunion, avec l’ONF et les habitants, afin de leur expliquer les enjeux liés à la forêt communale et le plan d’aménagement forestier proposé par l’ONF », précise le maire de Narcy.

Lors de la réunion publique, Franck Leclere et le directeur de l’ONF en Haute-Marne, André Hopfner, ont présenté le plan d’aménagement forestier, prévu de 2019 à 2038, soit sur vingt ans.

Ils ont expliqué que la tempête de 1999 avait causé de gros dégâts sur des essences « précieuses », notamment les feuillus présents dans le bois, à l’image du chêne, du hêtre ou encore du merisier. L’objectif du plan est de régénérer la moitié de forêt impactée par la tempête, qui, en dépit des travaux qui ont lieu depuis la survenue de la tempête, ne parvient pas à totalement se régénérer.

« Depuis vingt ans, une partie de la forêt a été renouvelée, mais plus de la moitié de la surface reste encore à être régénérée, notamment les parcelles 17 et 18 qui sont très pauvres », explique André Hopfner.

Le point principal du conflit concerne la « coupe rase » de deux parcelles du bois, c’est-à-dire l’abattage de l’ensemble des arbres d’une parcelle, et la plantation d’un type d’arbre qui n’est pas commun dans le bois de Narcy, à savoir le Douglas, au détriment des essences feuillues, originellement présentes dans cette forêt.

Les opposants à ce plan d’aménagement forestier mettent en évidence l’intérêt économique du Douglas. En effet, cet arbre, qui est un résineux, se renouvelle en cinquante voire soixante ans, tandis que le chêne se régénère en 200 ans, et le hêtre en 100 ans. De cette manière, le Douglas permettrait une rente économique plus rapide pour la municipalité que les autres feuillus, grâce à sa coupe rendue possible en quelques dizaines d’années. Le maire de Narcy précise d’ailleurs que le bois communal représente plus de dépenses que de recettes pour la commune.

« On souhaiterait faire évoluer ce patrimoine [ndlr : qu’est le bois de Narcy] pour avoir des rentrées d’argent, car il n’y en a pas beaucoup au niveau des petites communes comme la nôtre », souligne Franck Leclere.

Le projet forestier pour le bois de Narcy soulève également une problématique environnementale, du fait que le Douglas ne serait pas adapté au réchauffement climatique. Par ailleurs, les feuillus représentent les habitats naturels de plusieurs espèces animales, dont les écureuils ou encore les lapins, qui seraient également impactées par la coupe rase de ces arbres.

Pour Jean-Marie Colette, membre de l’association Nature Haute-Marne : « Les Douglas sont peut-être des essences performantes d’un point de vue économique, car ils deviennent des arbres relativement gros pour pouvoir les couper en quarante voire cinquante ans, mais ils ne seront pas adaptés au changement climatique. »
Article publié le :
18.11.2021
à
13:33

Anne-France Marchand

contacter la rédaction
Avec :
No items found.
Partager cet article :
les derniers articles
publicité