Photo d'illustration : L'Argus
Conducteurs d'une voiture-radar

En Meuse et en Marne, des voitures-radars confiées à des sociétés privées

Sécurité

Depuis le 1er octobre 2021, les départements de la Meuse et de la Marne ont externalisé la conduite des voitures-radars à des entreprises privées.

Quel est le but ?

Craintes de tous les automobilistes, les voitures-radars, conduites par les forces de l’ordre, interviennent depuis mars 2013 sur le territoire métropolitain. Circulant parmi le flux de véhicules, leur objectif consiste à réduire le nombre d’accidents, notamment mortels, sur les routes de France.

Les voitures-radars sont des véhicules banalisés qui disposent d’appareils embarqués qui flashent les automobilistes en excès de vitesse, qu’elles croisent et qui les doublent.


L’externalisation de la conduite

Depuis avril 2018, l’État confie la conduite de voitures-radars à des conducteurs uniques, salariés d’opérateurs privés.

« L’un des objectifs majeurs de ce dispositif est de soulager policiers et gendarmes afin qu’ils puissent se consacrer à d’autres missions, comme les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants, par exemple », précise la préfecture de la Marne.

L’externalisation de la conduite des voitures-radars à des entreprises permettra d’augmenter le temps d’usage de ces véhicules jusqu’à 8 heures par jour, contre 1 h 30 par les forces de l’ordre en 2015. Les contrôles seront ainsi multipliés par cinq.

« Les voitures-radars peuvent être sur les routes 7 jours sur 7, 365 jours par an, de jour comme de nuit », souligne la préfecture de la Marne.

Les voitures-radars confiées à des conducteurs de sociétés privées disposent d’une marge technique de 10 km/h pour les limitations de vitesse inférieures à 100 km/h et de 10 % pour les limitations de vitesse supérieures à 100 km/h, à la différence de tout autre type de radar (respectivement 5 km/h et 5 %).

Schéma de la voiture-radar © Ligue de Défense des conducteurs

Un dispositif sous contrôle de l’État

Cette externalisation est cependant soumise à des régulations strictes, et les conducteurs s’exposent à des pénalités en cas de non-respect. Les sociétés privées n’ont, en effet, aucune visibilité sur la constatation des excès de vitesse et sur la délivrance des procès-verbaux, qui reste du domaine exclusif de l’État. Les données enregistrées par les voitures-radars sont envoyées de manière cryptée aux policiers et gendarmes de la police judiciaire, en charge de la verbalisation des automobilistes flashés.

La seule conduite des voitures-radars est donc déléguée à ces entreprises, qui sont rémunérées en fonction du nombre de kilomètres parcourus, selon des itinéraires définis par l’État. Ces parcours sont fixés d’après des critères d’accidentalité sur les portions de route où sont relevées régulièrement des vitesses excessives à l’origine d’accidents. Autoroutes, routes nationales, départementales et communales sont concernées par le dispositif.

 

En application en Meuse et en Marne

Depuis le 1er octobre 2021, des salariés d’opérateurs privés s’assurent de la conduite des voitures-radars dans les départements meusien et marnais.

Dans la région Grand Est, l’État met à disposition 39 voitures-radars à une société privée.

« Présentes dans 22 % des accidents [dans le département meusien], les vitesses excessives sont le premier facteur déclencheur d’accident, elles sont également un facteur aggravant », d’après la préfecture de la Meuse.

En effet, en Meuse comme en Marne, les excès de vitesse sont la première cause des accidents routiers. En Meuse, le nombre d’accidents et de blessés est en hausse au 1er semestre 2021, en comparaison des premiers semestres des trois dernières années. En Marne, la tendance est similaire : les excès de vitesse ont provoqué 13 % des accidents corporels et 36 % des mortels, en 2021.

Le dispositif de l’externalisation de la conduite des voitures-radars sera en déploiement dans le département de la Haute-Marne, à partir du début de l’année 2022. Des phases de repérages des itinéraires accidentogènes sont en cours.

Article publié le :
11.10.2021
à
12:22

Anne-France Marchand

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