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Photo des candidats à l'élection présidentielle de 2022

Le centre est engagé dans la course à l’Élysée de 2022

Politique
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Pour ce troisième article de notre dossier sur l'élection présidentielle et les législatives de 2022, nous allons cette fois aborder le courant politique centriste français ainsi que certains partis représentatifs de ce bord.

Qu’est-ce que le « centrisme » en politique ?

Le courant politique « centriste » est plutôt complexe à définir, les chercheurs Alain Noël et Jean-Philippe Thérien précisent d’ailleurs que « l’alignement des points de vue devient de plus en plus confus à mesure que l’on se rapproche du centre de l’axe gauche-droite ».

Grossièrement, le centre renvoie à un courant politique qui se veut indépendant de la droite et de la gauche, bien que des rapprochements avec l’un ou l’autre soient récurrents. Selon la chercheuse Elli Palaiologou, il renvoie à des personnalités politiques « moins disposées à prendre des positions politiques fortes ». Le centre promeut des idées à la fois progressistes et conservatrices sur le plan culturel et sociétal et oscille entre interventionnisme et libéralisme d’un point de vue économique. Ce courant plutôt diffus a ainsi tendance à s’étendre autant vers la gauche que vers la droite.

Le centre gauche se présente à la fois comme étant du centre et de la gauche, en se positionnant à droite de la gauche « traditionnelle ». Les personnalités politiques qui s’en réclament rejettent les idées communistes, marxistes ou encore trotskistes tout en défendant le maintien de l’État interventionniste - ou État-providence -, combiné avec l’économie de marché.

Le centre droit se revendique du centre et de la droite, en se situant à gauche de la droite « traditionnelle ». Il défend les idées du social-libéralisme en promouvant l’économie de marché, sans toutefois rejeter complètement l’interventionnisme de l’État dans l’économie, et les valeurs de propriété privée et de libertés individuelles.

Ces courants politiques n’étant pas figés dans le temps, leurs idées évoluent comme pour tous les autres bords et partis politiques au gré des contextes politique, économique, social, culturel, environnemental ou encore sociétal du pays.

En France, l’un des grands centristes est l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981), avec son parti politique Union pour la démocratie française (UDF). L’ancien chef de l’État a tout de même été catégorisé au centre droit, voire à droite, de l’échiquier politique par des observateurs.

À lire également : la gauche en lice pour la présidentielle de 2022

Les principaux partis du centre

Nous avons sélectionné quatre partis politiques allant du centre gauche au centre droit : le Parti radical de gauche, le Mouvement démocratique, la République en marche et Résistons. 

Nous avons fait ce choix en raison du poids de certains dans le jeu politique actuel et de leur représentativité électorale - justifiant également le choix d'intégrer leurs photos. Par ailleurs, les candidats issus de ces formations - sauf pour François Bayrou - se présentent à l’élection présidentielle de 2022 et comptabilisent de nombreux parrainages validés par le Conseil constitutionnel, nécessaires afin de leur permettre de poursuivre leur course à l’Élysée.

Comme pour les partis de gauche, nous plaçons les partis sur l’échiquier politique et présentons brièvement leurs principales idées politiques en fonction de leurs positionnements officiels et d’analyses d’observateurs.

Parti radical de gauche

Le Parti radical de gauche (PRG) est créé en 1972 (sous le nom de Mouvement de la gauche radicale-socialiste) par d'anciens membres du Parti radical (PR), ce dernier étant orienté depuis au centre droit. La scission s’est décidée du fait que certaines personnalités du PR souhaitaient adhérer au programme commun de la gauche en 1972, signé par le Parti socialiste et le Parti communiste français, contrairement au reste de la formation. Ce programme de réformes annonçait des transformations politiques, économiques et militaires.

Ce parti est classé au centre gauche de l’échiquier politique. Il défend les valeurs républicaines, laïques et européennes tout en promouvant une vision plus sociale de l’entreprise, qui doit favoriser l’emploi plutôt que le profit.

Le PRG soutient la candidate à l’élection présidentielle de 2022 Christiane Taubira qui a remporté la Primaire populaire de la gauche en janvier 2022. Première primaire du genre, cette dernière avait pour objectif de désigner un unique candidat de la gauche à l’élection présidentielle. Christiane Taubira a été membre du PRG de 2002 à 2007 et s’est présentée en tant que candidate du parti à la présidentielle de 2002. Depuis l’élection présidentielle de 1974, le PRG a toujours soutenu une candidature du Parti socialiste (hormis en 1981 où il a présenté un candidat).

Christiane Taubira dénombre 47 parrainages validés au 10 février. Cependant, jeudi 6 janvier, ses équipes de campagne et celles de Yannick Jadot se sont réunies afin d’envisager une éventuelle union entre les deux candidats, et plus précisément le soutien de Taubira à Jadot. Affaire à suivre.

Mouvement démocrate

Alors qu’il est président de l’UDF, ancien parti de Valéry Giscard d’Estaing, François Bayrou crée le Mouvement démocrate (Modem) à la suite de l’élection présidentielle de 2007.

Le Modem est un parti classé au centre sur l’échiquier politique et se présente comme voulant dépasser le clivage gauche-droite. Il adopte un positionnement indépendant et central en politique. Le parti défend la démocratie « comme portant des valeurs et un idéal » à l’échelle nationale et européenne. Il promeut des valeurs humanistes - plaçant l’Homme au cœur de son action - et républicaines, tout en affichant des préoccupations écologiques et environnementales. Il souhaite également renouveler la vie politique.

Depuis sa création, le Modem ne s’est présenté qu’à l’élection présidentielle de 2012, à laquelle il a obtenu 9,13 % des suffrages exprimés. Il avait par la suite appelé ses partisans à voter pour François Hollande.

Lors de l’élection présidentielle de 2017, et dans le but de ne pas disperser les voix du centre, le Modem apporte son soutien à la candidature d’Emmanuel Macron qui, comme lui, partage sa volonté de dépasser le clivage gauche-droite, et scelle une alliance politique avec celui-ci. Cette dernière permettra à François Bayrou d’intégrer le gouvernement en tant que ministre de la Justice et à Marlène de Sarnez, ancienne vice-présidente du Modem, d'être aux manettes du ministère chargé des Affaires européennes. Ils ne resteront en poste que quelques semaines.

En ce qui concerne l’élection présidentielle de 2022, le MoDem ne présente aucun de candidat. En revanche, le parti, défenseur de la démocratie et par extension du pluralisme politique, a mis en place une « réserve de signatures » d’élus centristes. L’objectif est d’accorder ces parrainages aux candidats considérés comme « légitimes », c’est-à-dire ceux qui sont représentatifs du paysage électoral français via les sondages et les résultats électoraux antérieurs, et qui éprouvent des difficultés à atteindre les 500 signatures requises. Ce dispositif pourrait faire les affaires de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ainsi que d’Éric Zemmour qui peinent à récolter des signatures. Entre 200 à 300 élus du Modem auraient ainsi « réservé » leurs voix alors que la clôture du dépôt des parrainages est fixée au vendredi 4 mars. François Bayrou avait précisé que cette réserve ne témoignait pas d’un soutien, « mais [d’]une démarche citoyenne de la part d’élus qui, soucieux de démocratie, ne voudraient pas pour autant s’engager ». Le président du Modem, soutien d’Emmanuel Macron, n'a quant à lui pas encore accordé sa signature.

La République en marche

La République en marche (LREM) a été fondée en 2016 par Emmanuel Macron, sous le nom du mouvement En marche. Il était jusqu’alors ministre de l’Économie sous la mandature de François Hollande.

LREM est classé du centre gauche au centre droit de l’échiquier politique français, à l’image d’un parti « attrape-tout », c’est-à-dire une formation politique qui attire les électeurs au-delà du clivage gauche-droite, ce dernier qu’Emmanuel Macron souhaite dépasser. LREM se présente alors comme un parti souhaitant « remettre les Français au cœur de la vie politique » en transcendant tous les courants politiques. Le parti se revendique néanmoins de gauche à sa création et promeut des idées progressistes à l’échelle nationale et européenne - étant un grand défenseur de l’Union européenne. D’ailleurs, son électorat à la présidentielle de 2017 est majoritairement de gauche, dont de nombreux sympathisants du Parti socialiste. Il souhaite ainsi rassembler autant la gauche que la droite.

Suite à son élection en 2017, un grand nombre des figures modérées du Parti socialiste rejoignent LREM. Il est également proche du Modem qui lui a apporté un soutien de taille pour se faire élire.

Un sondage réalisé par Ipsos en mars 2018 démontre la perception que les Français ont de LREM sur l’axe gauche-droite :

  • 4 % perçoivent le parti à gauche.
  • 9 % le catégorisent au centre gauche
  • 21 % le placent au centre.
  • 25 % le positionnent au centre droit.
  • 20 % le classent à droite.

Autrement dit, LREM est davantage perçu par les Français comme un parti oscillant entre le centre, le centre droit et la droite. D’ailleurs, une étude IFOP réalisée en juillet 2020 révèle que les sympathisants d’Emmanuel Macron penchent davantage vers la droite depuis son élection de 2017.

Dans le cadre de la présidentielle de 2022, une coalition de partis politiques français du centre et du centre droit est créée en novembre 2021 à l’initiative de François Bayrou : Ensemble citoyens. Le but ? Rassembler la majorité présidentielle en vue de l'élection présidentielle et des législatives de 2022. LREM, Modem, Agir, Horizons, Territoires de progrès, En commun, le Parti radical en sont membres.

Alors même qu’Emmanuel Macron n’est pas officiellement déclaré candidat à la présidentielle de 2022, il comptabilise au 10 février 1 050 parrainages validés.

Résistons

Résistons est fondé en 2016 par Jean Lassalle. Ce dernier est un ancien membre du Modem qu’il a quitté en raison de divergences avec François Bayrou dont il critiquait la position à l’élection présidentielle de 2017.

Son parti est classé au centre droit sur l’échiquier politique. Résistons soutient une politique rurale qui favorise notamment l’agriculture française, le service et le commerce de proximité ou encore l’artisanat. Il promeut également un engagement citoyen plus fort à travers la refonte des institutions françaises. 

Résistons est en lice lors de la campagne présidentielle de 2017, ayant reçu une majorité de parrainages de maires de communes rurales. Il obtient 1,21 % des suffrages exprimés au premier tour. Le président du parti n’a pas donné d’indication de vote pour le second tour.

Jean Lassalle est de nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2022, avec son parti Résistons. Au 10 février, il enregistre 382 parrainages validés par le Conseil constitutionnel.

Frise des principaux partis du centre en France © Nicolas Fontaine / Puissance Télévision


Dans un article qui paraîtra au sein de ce dossier portant sur l'élection présidentielle et les législatives de 2022, nous reviendrons sur tous les candidats à l’élection présidentielle ainsi que leurs programmes.

Rendez-vous pour un prochain article qui abordera les partis politiques de la droite à l’extrême droite.

Article publié publié le
14.2.2022
à
13:29
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