C’est le grand changement de cette année. Habituellement installé au collège Gilles de Trèves, le festival a dû s’adapter à cause de travaux de rénovation. Un contretemps devenu une opportunité, comme l’explique Daniel Stammler : « Notre lieu emblématique […] étant en travaux, nous avons dû chercher un autre lieu avec d’autres patrimoines remarquables de Bar-le-Duc. Après plusieurs escales, finalement, on a posé nos valises au parc de Marbeaumont où on a un très bel édifice qui est la médiathèque. »
Ce déménagement offre un avantage de taille : l’abolition des limites de jauge. Contrairement aux jardins restreints du collège, l’esplanade du château permettra d’accueillir un public bien plus large et spontané.
Le beatbox : un art de rue à la conquête des jeunes
Au cœur du festival, la transmission occupe une place primordiale. Paul Vignes anime des ateliers intensifs de 15 heures auprès de 80 enfants, aux côtés d’une chanteuse et d’un chef de chœur. L’objectif ? Créer un groupe de chant a cappella de toutes pièces.
Le human beatbox (l’imitation d’instruments, principalement de la batterie, avec l’appareil phonatoire) fascine les nouvelles générations grâce aux vidéos internet. Pour l’artiste, cette discipline va bien au-delà de la performance technique : « C’est de la musique incorporée. […] On n’est pas planqué derrière un objet, planqué derrière un instrument dans sa pratique. On se dévoile. Donc à la fois, il y a une vraie mise à nu. […] Ce qui est assez puissant avec l’a cappella et le beatbox, c’est qu’on a besoin de rien. Pas de matériel, pas d’électricité. Avec un peu de concentration et de travail, ça sonne très vite. »
Dépoussiérer le chant a cappella
Loin de l’image traditionnelle des chorales d’églises et des chants latins, Bar’EnVoix revendique une identité résolument moderne. C’est d’ailleurs le seul festival de chant a cappella de ce style en France.
Les artistes invités – venus de France, d’Italie, de Belgique, de Grande-Bretagne et des États-Unis – proposent du « a cappella moderne » en réorchestrant de la musique pop actuelle :
Les groupes font ce qu’on appelle des covers, c’est-à-dire qu’ils reprennent les chansons, que ce soit du Earth, Wind & Fire, du Rihanna, du Queen… Ils prennent de tout le monde et ils refont l’orchestration et la transcription de toutes ces chansons-là, ajoute Daniel Stammler
Un festival solidaire et festif
L’association met un point d’honneur à rendre l’événement accessible à tous en offrant des places à des structures solidaires (Secours Catholique, Secours Populaire, associations de personnes âgées ou de jeunes en difficulté).
L’autre marque de fabrique de Bar’EnVoix, ce sont ses afters uniques où la barrière entre stars et public s’effondre :
C’est assez rare dans le domaine du business de la musique : les chanteurs qui ont fait la prestation, qui viennent des États-Unis par exemple, après le concert, ils viennent faire la fête avec vous. Ils chantent, ils dansent, ça crée du lien, on improvise ensemble, précise Paul Vignes
Dès le jeudi soir, premier jour du festival, pas moins de cinq groupes se retrouveront ainsi pour bœuffer ensemble. L’organisateur conclut avec enthousiasme : « On donne des micros à tout le monde, ça chante, ça danse… C’est quelque chose qu’il faut vivre au moins une fois ! »


