« Jusqu’au bout je suis préfet de la Meuse ». Après trois années passées en tant que préfet de la Meuse, Xavier Delarue quitte ses fonctions ce début du mois pour devenir préfet de l’Eure. « J’ai passé trois années très agréable ». Chasse, projet Cigéo, sécurité, économie… Ce 30 avril, Xavier Delarue a dressé son bilan d’actions sur le territoire. « Quand on arrive préfet, on ne choisit pas les sujets. On a ceux qui concernent le département ».
Projet Cigéo : un dossier majeur
« J’ai porté ma pierre, on a franchi les étapes en collectif ». C’est un projet qui n’a pas fait l’unanimité, avec de nombreuses protestations et manifestations depuis son annonce, notamment de la part des associations sur la sûreté et l’impact environnemental. Le projet Cigéo à Bure, a pour objectif l’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse. Xavier Delarue évoque un sentiment de « devoir accompli » et des « procédures réussies ».
Le dossier est bien avancé sur Cigéo, que ce soit sur les aspects de procédures ou les aspects d’accompagnement du territoire avec les questions d’habitat et de formation, d’accompagnement des collectivités, on avance bien, on est dans les temps. On a réglé le souci d’ordre public majeur qui était la problématique du ZAB, donc les éléments sont réunis.
« Il me semble avoir agi dans le respect de la liberté du droit à manifester le plus strict, l’encadrement et du respect des personnes et des biens, en évitant tout blessé et ça, j’en suis très fier. » Le 18 mai, une enquête publique concernant la demande d’autorisation de création du projet Cigéo de stockage des déchets nucléaires va se dérouler. Un dossier majeur que reprendra Anne-Florence Canton, nouvelle préfète de la Meuse à compter de ce 6 mai 2026.
Chasse : un sujet sur lequel il est « très optimiste »
Autre sujet évoqué : celui de la chasse dans le département et sa fédération : « J’ai pris les choses en main en communiquant sur le sujet et j’ai fait tout ce que je pouvais pour faire tomber une structure qui ne remplissait plus ses missions. Les élections ont été massivement suivies et l’équipe de Denis Renard, largement élue, a tout de suite fait la bonne démarche de venir me rencontrer, de poser le bon diagnostic sur ce qui coinçait ».
Le 24 avril dernier, le préfet a participé à l’assemblée générale de la Fédération départementale des chasseurs de la Meuse, à Benoîte-Vaux. Un évènement qui, selon lui, « s’est très bien passé ». Cette rencontre a permis de dresser un bilan de la saison, marquée par une forte mobilisation et des niveaux de prélèvements élevés, notamment pour le sanglier et les cervidés, ainsi que d’aborder les enjeux financiers liés aux dégâts, les évolutions envisagées en matière de gestion et de responsabilisation à l’échelle des territoires.
Lors de l’assemblée, les échanges ont porté sur la poursuite des actions de régulation, le renforcement de la protection des cultures et les adaptations nécessaires pour assurer l’équilibre agrosylvocynégétique, tout en favorisant le renouvellement des pratiques. Le préfet se sent « très optimiste » concernant la suite des choses.
Une économie qui « se porte mieux que la plupart des départements du Grand Est »
Au niveau économique, Xavier Delarue a évoqué des entreprises souffrantes dans le département, mais également d’autres qui sont « globalement dynamiques et bien positionnées » :
« Dans l’évolution, elle se porte mieux que la plupart des départements du Grand Est. Mais on a un vrai contraste entre des mutations économiques qui font que d’anciennes industries sont à la peine (…) On a aussi de belles initiatives avec les deux SCOP, La Meusienne et Bergère de France ».
Le préfet porte un regard « positif » sur le bloc agroalimentaire et l’investisseur sino-vietnamien s’installant à Verdun : «On va rentrer dans le concret dès le mois de septembre. L’un des freins au développement de la Meuse, c’est son déficit de notoriété ».
« C’est la meilleure méthode dans le management de la sécurité »
En 2025, la Meuse a été l’un des départements pilotes du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien. Au 31 octobre, les chiffres traduisent une mobilisation inédite des forces de l’ordre pour reprendre le contrôle du terrain et répondre au sentiment d’insécurité des habitants : « C’est la réussite d’une méthode qui est de poser les sujets de sécurité de façon collective, de les débattre avec les élus, les associations, les forces de l’ordre, les procureurs. On s’est fixés des objectifs qui ont été atteints et dépassés ».
Une initiative qui a encore évolué cette année avec un axe concernant les violences sexistes et sexuelles et les violences faites aux femmes : « C’est la meilleure méthode dans le management de la sécurité. On a la chance d’avoir des parquets et tribunaux attentifs aux questions de sécurité, c’est un véritable atout ».
« C’est quelque chose qui me restera humainement », Stenpa, son plus grand regret
Ces trois années ont aussi laissé place à quelques regrets, pour Xavier Delarue, le sien est tout trouvé : l’avenir de l’entreprise Stenpa : « Ça m’a profondément marqué qu’on se soit fait avoir par le repreneur, on s’est tous investi pour une reprise qui n’a pas abouti »
J’avais été très touché par la dignité des salariés, leur engagement remarquable. L’État s’est révélé impuissant, c’est tout le paradoxe, car si on avait laissé l’entreprise fermer, les salariés seraient partis dans de bonnes conditions, avec un plan social de qualité et un pécule suffisant pour se retourner. Pour moi, c’est un échec. »
Malgré tout, le préfet ressent comme un pincement au cœur à l’idée de quitter ce territoire, dans lequel il a passé de belles années : « C’était une vie quotidienne très agréable, on est des voyageurs de l’État avec ma famille et ils se sont plu en Meuse ».


