« Soignants méprisés, patients en danger » ou encore « Asalée fragilisée, accès aux soins en danger ». Des slogans qui peuvent se lire sur ces diverses pancartes. Ce jeudi 26 mars, une cinquantaine de personnes comprenant infirmiers, patients et élus, s’est mobilisée devant le siège de la CPAM de Bar-le-Duc. Tous veulent alerter et dénoncer la situation de précarité du collectif des infirmiers Asalée de la Meuse.
Depuis deux mois sans salaires
L’association emploie des infirmiers intervenant en collaboration avec des médecins généralistes. Un rôle important dans la prévention, le suivi des maladies chroniques et également la continuité des soins sur le territoire. Implantée dans la Meuse depuis 2014, la structure réunit 13 infirmiers et une médiatrice en santé, collaborateur de 76 médecins généralistes répartis sur 23 sites meusiens.
Toutefois, en janvier 2026, la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) a suspendu les financements permettant de rémunérer les infirmiers. Ces derniers n’ont donc pas payé depuis cette date. Le 5 mars, Asalée a été déclaré en cessation de paiements.
C’est pour cette raison qu’une mobilisation a été organisée dans le but de dénoncer cette situation critique : « On a été contents de voir que ça interpelle », partage Ludovic Henin-Tranvouez, membre du Collectif des infirmiers Asalée de Meuse.
Outre une précarité pour le personnel, cette suspension a amené une inquiétude concernant l’accès aux soins de nombreux patients, notamment les plus fragiles : « Si on disparaît sur le territoire, ce serait une catastrophe parce qu’il n’existera plus d’offre de soin comme la nôtre, il n’y aura rien pour reprendre », déclare Ludovic Henin-Tranvouez.
Un redressement judiciaire pour l’association
Ce vendredi 27 mars, une audience s’est tenue dans la matinée devant le tribunal des affaires économiques de Paris, afin de déterminer l’avenir de la structure. La décision a été sans appel, désormais Asalée est en redressement judiciaire pour six mois renouvelables. La solution la « moins pire » pour les membres.
« On est d’un côté soulagé parce qu’on va pouvoir reprendre notre travail de manière plus sereine », commence Ludovic Henin-Tranvouez, «mais ona toujours pas de garantie future ». Pour les infirmiers, leurs salaires des mois de février et mars seront versés prochainement.



