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Arnaud Rousseau : « Nombre d’agriculteurs ne vivent plus de ce métier » 

Durée de lecture : 3 min.
Dans le contexte de crise agricole, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA s’est rendu dans un petit village meusien pour assister à une réunion publique. Le but était de prendre un temps pour échanger avec la population éloignée ou non de l’agriculture, répondre aux questions et aborder la situation de l’agriculture française et les enjeux à l’avenir.
Dans le contexte de crise agricole, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA s’est rendu dans un petit village meusien pour assister à une réunion publique. Le but était de prendre un temps pour échanger avec la population éloignée ou non de l’agriculture, répondre aux questions et aborder la situation de l’agriculture française et les enjeux à l’avenir.

En visite à Culey, dans la Meuse, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a longuement échangé avec les agriculteurs et les citoyens sur la crise profonde que traverse le secteur. Il appelle à une réponse législative d’urgence pour garantir le revenu des producteurs et assurer l’avenir de la ferme France.

Un modèle économique dans l’impasse

Le constat dressé par le représentant syndical est sans appel : pour la première fois en cinquante ans, la balance commerciale agroalimentaire française frôle le déficit. Cette situation s’explique par une augmentation massive des importations en provenance de pays ne respectant pas les normes environnementales et sanitaires imposées aux exploitants français.

Face à cette perte de vitesse, la question du niveau de vie des agriculteurs est devenue centrale. « La réalité, c’est que nombre d’agriculteurs ne vivent plus de ce métier », alerte Arnaud Rousseau, soulignant la difficulté croissante d’installer des jeunes dans une profession où la rentabilité n’est plus garantie. Pour lui, la souveraineté alimentaire du pays est directement menacée par cette destruction de la capacité de production.

Le refus d’une concurrence déloyale

Le président de la FNSEA a profité de cette rencontre pour réitérer son opposition ferme à l’accord avec le Mercosur. S’il ne rejette pas le principe des échanges mondiaux, il exige une réciprocité des standards de production. Le syndicat dénonce l’importation de produits, comme la viande bovine ou la volaille, élevés avec des méthodes interdites sur le sol européen depuis des décennies.

Le combat se déplace désormais sur le terrain juridique et institutionnel. « Cet accord, sur le plan agricole, n’est pas un bon accord. On ne peut pas nous mettre en concurrence avec des gens qui ne respectent pas les standards qu’on nous impose », affirme-t-il avec force. Il salue d’ailleurs l’initiative des eurodéputés d’avoir saisi la Cour de justice européenne pour vérifier la conformité de ce texte.

Prédation et crises sanitaires : des éleveurs à bout

Outre les enjeux macro-économiques, le quotidien des exploitants est marqué par des défis concrets comme la prédation lupine. Face à l’augmentation des attaques de loups et de vautours, la FNSEA réclame une évolution de la gestion des prédateurs. « Un loup aujourd’hui en France coûte de l’ordre de 60 à 70 000 euros par animal, c’est-à-dire près de deux à trois fois ce qu’est le revenu d’un agriculteur », fustige le responsable syndical.

Enfin, la question de la dermatose nodulaire contagieuse a été abordée. Bien que les protocoles de vaccination et d’abattage soient extrêmement douloureux pour les éleveurs, le syndicat choisit de suivre le consensus scientifique pour préserver le statut sanitaire de la France. L’objectif reste double : éradiquer la maladie tout en évitant un effondrement des prix de la viande et du lait sur les marchés.

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