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Baisse démographique : Pourquoi le Grand Est se vide-t-il et qui sont les bons élèves ?

Durée de lecture : 3 min.
Alors que l'Hexagone continue de gagner des habitants, le Grand Est accuse le coup avec une perte sèche de 6 000 résidents en 2025 selon les dernières données de l’INSEE.
Alors que l'Hexagone continue de gagner des habitants, le Grand Est accuse le coup avec une perte sèche de 6 000 résidents en 2025 selon les dernières données de l’INSEE.

C’est un contraste qui interpelle tous les acteurs économiques de la région. Alors que la France affiche une croissance démographique de 0,3 %, le Grand Est fait figure d’exception en reculant de 0,1 %. Au 1er janvier 2026, la région compte 5,54 millions d’habitants, mais derrière ce chiffre global se cache une réalité beaucoup plus contrastée.

Contrairement aux départements alsaciens qui parviennent encore à garder la tête hors de l’eau, le bloc composé de la Marne, de la Haute-Marne et de la Meuse subit de plein fouet une érosion qui n’est plus seulement passagère, mais structurelle.

Un territoire à plusieurs vitesses

La Haute-Marne s’illustre malheureusement par l’un des replis les plus marqués de tout l’Est de la France. Avec une chute de -0,7 % de sa population en un an, le département ne compte plus que 165 000 habitants. Pour les actifs et les décideurs locaux, le défi est immense, car cette baisse rime souvent avec une fragilisation des services de proximité. 

Sa voisine, la Marne, bien que plus massive avec ses 556 990 habitants, n’échappe pas à la règle. Malgré le dynamisme de l’axe rémois, le département perd 0,31 % de ses résidents. Quant à la Meuse, située entre ces deux pôles, elle stagne autour de 179 000 habitants, luttant elle aussi contre un solde naturel qui vire au rouge.

L’effet ciseaux : moins de berceaux, plus de bougies

Le véritable moteur de ce déclin n’est pas tant le départ des habitants vers d’autres régions, mais un blocage biologique inédit. Le Grand Est a enregistré seulement 45 200 naissances en 2025, soit 1 500 de moins que l’année précédente et surtout 20 000 de moins qu’il y a quinze ans. En face, la courbe des décès grimpe pour atteindre 56 400. Ce déficit naturel a bondi de 20 % en un an. 

Pour les actifs de la région, cela signifie concrètement que l’excédent migratoire, les nouveaux arrivants qui s’installent pour le travail ou le cadre de vie, ne suffit plus du tout à compenser le manque de naissances.

Le défi de la santé

Le tournant majeur de cette étude de l’INSEE réside dans un croisement de courbes. Depuis 2025, les plus de 65 ans sont désormais plus nombreux que les moins de 20 ans (22,8 % contre 21,6 %). Ce vieillissement marqué de la population transforme la structure même de la société locale. L’âge moyen grimpe à 43 ans, mais c’est sur le terrain de la santé que les inégalités se creusent. En Haute-Marne, l’espérance de vie des hommes plafonne à 77,3 ans, soit deux ans de moins que la moyenne régionale de 79,4 ans

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Clémentine Coppola

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