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« Le handicap n’est pas un obstacle » : Tiffany, para-athlète, se livre sur son parcours

Durée de lecture : 4 min.
Elle foule les pistes d'athlétisme depuis une dizaine d'années. Tiffany est une Barisienne atteinte de cécité et pourtant son handicap lui a permis de se hisser sur le podium du saut en longueur en équipe de France. Pour elle, sa maladie n'est pas quelque chose qu'elle voit d'un mauvais œil, mais une chose qui a formé la femme et l'athlète qu'elle est.
Elle foule les pistes d'athlétisme depuis une dizaine d'années. Tiffany est une Barisienne atteinte de cécité et pourtant son handicap lui a permis de se hisser sur le podium du saut en longueur en équipe de France. Pour elle, sa maladie n'est pas quelque chose qu'elle voit d'un mauvais œil, mais une chose qui a formé la femme et l'athlète qu'elle est.

Depuis 2015, Tiffany Logettes-Lods, âgée de 31 ans, foule les pistes d’athlétisme, vice-championne du monde de saut en longueur ; cette sportive est atteinte de cécité totale. Début avril, elle s’est rendue à Bar-le-Duc, ville où elle a été scolarisée au collège, pour s’entraîner en compagnie d’élèves. Pour elle, sa maladie, loin d’être un frein, a fait d’elle la sportive et la femme qu’elle est. Elle prouve que le handicap n’est pas une fatalité.

Le sport comme quête d’identité

Tout commence par une maladie rétinienne rare et génétique. Le processus est inexorable : une perte de vision périphérique qui se resserre peu à peu vers le centre, jusqu’au noir complet. Si le diagnostic tombe à l’âge de 11 ans, la réalité physique de la maladie s’impose par étapes brutales en 2008, 2013 puis 2017.

« Entre le comprendre et au final vivre la première baisse de vision, ça a été extrêmement compliqué. L’acceptation aussi est extrêmement compliquée parce que quand on est au collège, on ne pense pas à ce genre de choses », explique-t-elle.

C’est en 2015 que Tiffany trouve dans l’athlétisme une réponse à ses doutes. Plus qu’une dépense physique, le sport devient un pilier pour reconstruire son identité. Dans un monde où le regard des autres est parfois pesant, la piste lui offre la possibilité d’exceller et de se sentir à sa place dans la société. « Le sport m’a permis aussi de pas mal rebondir et en fait de comprendre que je pouvais tirer mon épingle du jeu alors que je ne voyais pas ».

Sauter dans le noir : une question de confiance absolue

La pratique du saut en longueur pour une athlète de catégorie T11 (non-voyante) relève de la prouesse technique. Pour garantir l’équité, Tiffany concourt avec des patchs sur les yeux et des lunettes opaques. Elle ne se fie qu’à ses sens et à son guide, qui joue le rôle de « clappeur ».

Le protocole est millimétré : le guide se place près de la planche d’appel et tape dans ses mains. Tiffany s’élance pour 12 foulées précises avant l’impulsion. « C’est vraiment une confiance parce que là on peut dire clairement, sans mauvais jeu de mot, que je saute aveuglément. S’il me dit que c’est OK, c’est OK. Je ne cherche pas midi à quatorze heures ».

Un message aux valides et aux non-valides

Aujourd’hui, Tiffany porte un regard singulier sur sa pathologie, qu’elle qualifie presque de « meilleure amie ». Elle refuse les étiquettes et la pitié, revendiquant son statut de personne à part entière, avec ses ambitions et ses succès professionnels.

« Le handicap, c’est pas un obstacle dans la vie. Il faut juste l’utiliser pour que ça devienne un tremplin. Moi aujourd’hui, j’aurais été valide, j’aurais sans doute pas été en équipe de France ».

Elle conclut avec une philosophie qui force le respect : s’il lui manque la vue, elle possède cette détermination qui permet de transformer une épreuve génétique en une opportunité de parcourir le monde et de réaliser ses rêves de gosse.

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