Six étudiants en troisième année à l’IFSI de Saint-Dizier ont troqué leurs blouses pour une caméra. Leur court-métrage, qui explore les coulisses et les valeurs du métier d’infirmier, a été sélectionné pour la finale nationale du concours « Je filme le métier qui me plaît ».
Un projet pédagogique devenu défi national
À l’origine, il ne s’agissait que d’un exercice académique pour valider un partiel. Mais cette année, l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) a bousculé les codes en proposant aux étudiants de participer à un concours vidéo national. Entre filmer les bancs de l’école ou la réalité du terrain, le groupe d’Enzo Testa et Nathan Kuta n’a pas hésité.
« On avait le sentiment d’avoir plus de choses à dire par rapport au métier qu’à la formation. On préférait tout simplement expliquer le quotidien », confie Enzo. Durant trois minutes, le film condense des mois d’apprentissage et de réflexion sur une profession souvent méconnue dans sa complexité.
Casser les clichés du « donneur de piqûres »
L’objectif de cette création est clair : dépoussiérer l’image de l’infirmier et affronter les stéréotypes. Pour Nathan, il était impératif de montrer que la technique n’est rien sans l’humain.
Être infirmier, ce n’est pas que faire des piqûres. C’est vraiment un métier d’humain et on travaille avec des personnes. C’est le relationnel que l’on travaille le plus.
Bienveillance, empathie et respect : ce sont ces valeurs fondamentales que les étudiants ont choisi de mettre en scène. En se déguisant et en multipliant les saynètes, ils ont illustré la diversité des situations rencontrées en milieu hospitalier, tout en prouvant que la cohésion d’équipe est le ciment de leur futur métier.
Une finale prestigieuse et une stratégie de communication
Le résultat est à la hauteur de leur investissement. Sur des milliers de candidatures, leur court-métrage fait partie de la centaine de vidéos retenues pour la finale. Le 27 mai prochain, c’est sur l’écran mythique du Grand Rex, à Paris, que leur travail sera projeté devant près de 3 000 personnes.
Mais les étudiants ne s’arrêtent pas là. Ils briguent également le « Clap de la Com », un prix récompensant la meilleure promotion du projet. Pour l’emporter, ils occupent tous les terrains : réseaux sociaux, radio locale et presse régionale. « C’est une grande fierté de pouvoir représenter notre métier de la sorte devant toute la France », se réjouit Nathan.
De la salle de classe à la passion
À quelques mois de l’obtention de leur diplôme en juillet, cette expérience restera un moment fort de leur cursus. Si la technique cinématographique a été une découverte totale — et parfois un défi — elle leur a permis de porter un regard neuf sur leur engagement.
« C’est un métier qui est très riche, qui se transforme vite en passion », conclut Enzo. Pour ces jeunes Bragards, le message est passé : l’infirmier de demain est un professionnel expert, mais avant tout un être de cœur.


