Nouveau redressement judiciaire pour les Aciéries Hachette et Driout

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Mardi 9 décembre, les Fonderies Hachette et Driout de Saint-Dizier sont une nouvelle fois placées en redressement judiciaire. Rachetée en 2025 par ACI group, la société se trouve dans une situation tendue depuis de nombreux mois.
Mardi 9 décembre, les Fonderies Hachette et Driout de Saint-Dizier sont une nouvelle fois placées en redressement judiciaire. Rachetée en 2025 par ACI group, la société se trouve dans une situation tendue depuis de nombreux mois.

Un goût de déjà-vu. Depuis ce mardi 9 décembre, les Fonderies Hachette et Driout font de nouveau l’objet d’un redressement judiciaire. Une solution doit être trouvée avant l’audience au tribunal des activités économiques de Lyon, le 4 février. « Quand j’étais au tribunal, on était 12 entreprises sur 35, faisant partie d’ACI Group, placées en redressement ou liquidation judiciaire », raconte William Olivo, secrétaire du syndicat FHD et membre du CSE. 

Une situation toujours aussi tendue

Ce n’est pas la première fois que les aciéries se retrouvent dans une telle situation. En février 2025, ACI Group a racheté Hachette et Driout pour la somme de 200 000 euros. Quelques mois après le redressement judiciaire des fonderies en décembre 2024.

Chaque mois, le nouvel actionnaire prélevait 100 000 à l’entreprise « déjà déficitaire », selon William Olivo. Le 27 septembre, le groupeACI est placé en redressement judiciaire puis en administration judiciaire trois semaines plus tard, par le tribunal des activités économiques de Lyon. Depuis, les salariés sont inquiets concernant l’avenir de Hachette et Driout, qui se retrouvent avec plusieurs milliers d’euros de dettes et une entreprise qui doit s’autofinancer sans que les actionnaires leur versent de l’argent. 

Fin septembre, trois équipes de moulage ont été mises à temps partiel en raison d’un manque de financement pour du matériel : « On n’a pas de bouchons, pas de gants, pas de masques pour la poussière… on travaille dans des conditions dégradées », exprime William Olivo, secrétaire du syndicat Force Ouvrière et membre du CSE d’Hachette et Driout. 

Les actionnaires, par ailleurs, ne donnaient plus de nouvelles : « J’avais deux actionnaires qui venaient de temps en temps chez Hachette. Ces personnes-là ne sont plus là, ils ne viennent plus nous voir et ça je ne le comprends pas », déclare William Olivo Le 28 octobre, une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés devant Hachette et Driout dès 7 heures du matin au sujet du redressement judiciaire de leur actionnaire. 

Dans l’après-midi, Quentin Brière, maire de Saint-Dizier avait rencontré les salariés de Hachette et Driout pour « leur rappeler la mobilisation totale du territoire derrière cette entreprise intimement liée à son histoire et son identité ».

Une rencontre avec le ministre de l’Industrie

Ce jeudi 13 novembre, Quentin Brière a rencontré Sébastien Martin, ministre de l’Industrie afin de « défendre l’avenir des Fonderies Hachette & Driout et leurs 250 emplois ». Quentin Brière a « alerté le ministre et ses équipes » concernant la réalité de l’entreprise tout en partageant différentes options envisageables pour « sauver » les aciéries : « Sébastien Martin s’est montré attentif à la situation de l’usine bragarde, que son prédécesseur avait d’ailleurs visitée. Il a réaffirmé son engagement à tout mettre en œuvre pour préserver ce savoir-faire unique et nos emplois », avait déclaré la ville dans un communiqué.

« Mon rôle, c’est de mobiliser le plus grand nombre. Chaque semaine, j’échange avec les salariés, la direction, et désormais avec le plus haut niveau de décision politique. Tant que l’avenir d’Hachette ne sera pas sécurisé, je me battrai pour trouver des solutions », a déclaré, de son côté, Quentin Brière.

Des salariés qui démissionnent

Cette situation difficile inquiète les salariés qui s’interrogent sur l’avenir de l’entreprise. Depuis le 9 décembre, sept d’entre eux ont posé leurs démissions. «On perd beaucoup de personnes importantes », exprime le secrétaire du syndicat Force ouvrière et membre du CSE d’Hachette et Driout. 

Les employés s’autofinancent pour obtenir leur salaire depuis le 10 décembre. « Ça travaille, pour l’instant on tient », ajoute William Olivo. Pour éviter la mise en liquidation judiciaire, une solution est inévitable : la reprise.
Ce mardi 16 décembre, un groupe anglais intéressé visite les locaux d’Hachette et Driout. Lors de la première semaine de janvier 2026, les salariés espèrent recevoir d’autres offres de reprise.

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