Sur les pancartes comme dans les conversations, la même phrase revient, presque comme un slogan : « L’État protège le loup, qui protège les éleveurs ? »
À Chaumont, près d’une centaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel des syndicats agricoles ce samedi 3 janvier. Ils se sont rassemblés pour dénoncer un quotidien qu’ils disent « à bout de souffle. » Attaques à répétition, troupeaux décimés, procédures administratives jugées trop longues… Les organisations avancent un chiffre marquant : 800 ovins auraient été tués en 2025 en Haute-Marne. Un symbole, selon elles, d’un monde pastoral qui craque.
« Des attaques qui se multiplient et des décisions qui tardent »
Le ton est grave parmi les participants. Plusieurs éleveurs évoquent des nuits écourtées, la peur permanente d’une nouvelle attaque et surtout le sentiment d’attendre trop longtemps des réponses concrètes après chaque prédation. « On se sent seuls face à ça », déclarent les agriculteurs présents.
Les organisations syndicales formulent plusieurs revendications :
- une régulation du loup plus efficace et adaptée aux territoires,
- des décisions rapides après chaque attaque,
- la reconnaissance du préjudice moral autant qu’économique,
- la simplification des démarches, du tir de défense aux indemnisations.
Elles défendent également une notion centrale : « le respect du pastoralisme et de ceux qui font vivre les campagnes. »
Une mobilisation encadrée et symbolique
Le rassemblement se voulait apaisé. Les organisateurs ont appelé à la mobilisation « dans le bien et le respect des personnes », sans dégradations.
À 14 heures, le même jour, une cérémonie d’hommage est organisée en mémoire des « 800 victimes » et pour comprendre les animaux tués. Un moment solennel pour rappeler que, derrière le débat sur la place du loup, il y a des troupeaux, des exploitations et des éleveurs qui disent, aujourd’hui, « craquer ».


