Meuse : un an après le lancement du plan de restauration de la sécurité, où en est-on ?

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En 2025, la Meuse a été l’un des départements pilotes du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien. Au 31 octobre, les chiffres traduisent une mobilisation inédite des forces de l’ordre pour reprendre le contrôle du terrain et répondre au sentiment d’insécurité des habitants.
En 2025, la Meuse a été l’un des départements pilotes du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien. Au 31 octobre, les chiffres traduisent une mobilisation inédite des forces de l’ordre pour reprendre le contrôle du terrain et répondre au sentiment d’insécurité des habitants.

Un bilan plus que satisfaisant. Lancé début 2025, le Plan départemental d’actions de restauration de la sécurité du quotidien (PDARSQ) a été conçu à partir d’un diagnostic précis des réalités meusiennes :

  • Renforcement de la visibilité des forces de l’ordre dans les espaces publics, notamment dans les zones sensibles ou à forte fréquence de passage,
  • Lutte contre les trafics de stupéfiants, identifiés comme un des facteurs majeurs d’insécurité du quotidien,
  • Prévention et prise en charge des violences intrafamiliales et des atteintes aux biens,
  • Combat contre les comportements dangereux sur la route, en lien avec la sécurité routière,
  • Approche partenariale renforcée, incluant une coordination accrue entre élus, services de l’État et associations locales.

 L’objectif était clair : réinvestir le terrain, multiplier les contrôles, frapper les réseaux, tout en développant un volet préventif à destination de la population.

Une stratégie construite autour du terrain

Dans un département à la fois rural et traversé par des axes de circulation majeurs, la préfecture a misé sur une stratégie combinant actions visibles et travail de fond. Patrouilles renforcées, opérations coordonnées, contrôles routiers ciblés, mais aussi interventions dans les établissements scolaires et les structures de jeunesse ont constitué l’ossature du plan.

Au 31 octobre 2025, le volet stupéfiants du PDARSQ affiche des résultats particulièrement parlants. En moins d’un an, 2 955 personnes ont été sensibilisées aux dangers des drogues, à travers des actions de prévention menées dans les collèges, lycées, centres de formation et structures associatives. Soit trois fois l’objectif initial. 66 contrôles ont été menés dans les établissements du secondaire, pour prévenir l’introduction, la consommation et le trafic de produits illicites.

Sur le terrain répressif, la pression exercée sur les réseaux est tout aussi significative. 52 trafics et 130 points de deal ont été démantelés. La lutte contre la consommation illégale s’est également traduite par 1 017 usages constatés, donnant lieu notamment à des amendes forfaitaires délictuelles. Pour alimenter cette action, les forces de sécurité ont multiplié les contrôles : 5 177 dépistages de stupéfiants ont été réalisés, essentiellement lors d’opérations routières et de contrôles ciblés

L’indicateur global de lutte contre les stupéfiants dépasse l’objectif avec un taux de 127%.

Une reconquête visible de l’espace public

L’un des piliers du PADRSQ en Meuse repose sur un principe simple : être vu pour être dissuasif. Dans un département où le sentiment d’insécurité est souvent alimenté par l’impression d’abandon de certains quartiers, de certaines zones commerciales ou d’axes routiers, la préfecture a misé sur une occupation massive et régulière de la voie publique.

Au 31 octobre 2025, cette stratégie se traduit par des chiffres particulièrement parlants. 140 677 personnes ont été contrôlées dans le cadre d’opérations de sécurité, qu’il s’agisse de contrôles d’identité, de vérifications liées à des infrastructures ou d’actions de prévention. 167 000 véhicules ont également été vérifiés. En parallèle, 167 000 véhicules ont été contrôlés, notamment lors de dispositifs de sécurisation routière, de lutte contre les trafics et de contrôles antistupéfiants.

Mais c’est surtout le volume de présence humaine qui illustre la philosophie du plan. En moins d’un an, 347 855 heures de patrouilles ont été assurées sur la voie publique par la Police nationale, la Gendarmerie et les polices municipales engagées dans le dispositif.

Une forte sensibilisation numérique 

Le plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien passe également par une forte sensibilisation numérique, notamment sur les réseaux sociaux des forces de l’ordre et de la préfecture.

  • 942 publications en 2025, contre 159 en 2024,
  • plus de 15,5 millions de vues sur les réseaux sociaux,
  • 45 réunions partenariales,
  • des résultats supérieurs aux objectifs en ce qui concerne la cybersensibilisation.

De nouvelles perspectives pour 2026

Les acteurs meusiens préparent une nouvelle étape dans la mise en œuvre du plan. Les orientations retenues traduisent une volonté de consolider les acquis, d’approfondir le travail partenarial et de mobiliser de nouveaux leviers juridiques et opérationnels au service de la sécurité de la Meuse.

Le PDARSQ intégrera pleinement les nouveaux dispositifs administratifs créés par la loi du 13 juin 2025. De ce fait, plusieurs mesures seront revues et revalorisées : 

  • Interdiction administrative de paraître sur des points de deal identifiés,
  • Fermeture administrative d’établissements impliqués dans ou facilitant des activités de trafic,
  • Procédure d’expulsion locative en cas de troubles graves et répétés portant atteinte à l’environnement du logement.

La sécurisation des établissements scolaires constituera également un axe majeur en 2026. L’objectif est de garantir un environnement serein et protecteur pour les élèves, ainsi que les personnels éducatifs et les familles avec : 

  • Le renforcement des actions de prévention et de dissuasion aux abords des établissements,
  • Une coordination accrue entre l’Éducation nationale, les forces de sécurité intérieure, les collectivités et les partenaires locaux, 
  • Une vigilance particulière face aux phénomènes de violences, de trafics et de radicalisation.

En 2026, une action ciblée en lien avec les établissements pénitentiaires sera également intégrée. L’objectif est de prévenir les phénomènes de délinquances en lien avec l’extérieur, de renforcer la sécurisation des abords et des personnels et d’améliorer le partage d’informations et la coordination opérationnelle.

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