Saint-Dizier : Le physicien Charles Antoine décrypte la révolution quantique au théâtre

Durée de lecture : 3 min.
De la physique quantique sur les planches du Théâtre de Saint-Dizier ? C’est le pari audacieux de l’événement « Grand Est Quantique ». Ce lundi 19 janvier, le physicien Charles Antoine a ouvert le bal en vulgarisant l’infiniment petit devant un public mêlant scolaires et curieux.
De la physique quantique sur les planches du Théâtre de Saint-Dizier ? C’est le pari audacieux de l’événement « Grand Est Quantique ». Ce lundi 19 janvier, le physicien Charles Antoine a ouvert le bal en vulgarisant l’infiniment petit devant un public mêlant scolaires et curieux.

« L’objectif est de vous outiller pour que vous puissiez atteindre le premier camp de base de l’Everest quantique ». C’est avec cette promesse que Charles Antoine, ambassadeur médiation scientifique du CNRS, a lancé les hostilités.

Le hasard n’est pas celui que l’on croit

Loin d’un cours magistral réservé à l’élite scientifique, le chercheur a insisté sur la nécessité de démocratiser ce savoir. Pour lui, le défi majeur de la physique quantique ne réside pas dans la complexité des mathématiques, mais dans la barrière du langage. « Pour atteindre plus de monde, il faut parler un autre langage », affirme-t-il, s’adressant notamment à ceux que les mathématiques ont pu « traumatiser » par le passé.

Au fil de la conférence, le public a découvert les concepts déroutants qui régissent ce monde invisible, né théoriquement vers 1925. Charles Antoine a notamment déconstruit l’idée du hasard. Contrairement à un dé jeté sur une table, dont le résultat est déterminé par la physique classique, le monde quantique repose sur un aléatoire fondamental.

Une particule de lumière traversant une vitre le fait (ou non) sans aucune raison cachée, un concept qui horripilait Einstein, célèbre pour avoir déclaré que « Dieu ne joue pas aux dés ». « Il semble qu’Einstein ait eu tort », a glissé le conférencier, confirmant que cet aléatoire divin est bien la norme à l’échelle atomique.

60 milliards d’euros sur la table

Si le sujet fascine par ses implications philosophiques, il est aussi un enjeu économique majeur. « 60 milliards d’euros sont injectés dans le quantique chaque année » à l’échelle mondiale, a rappelé Charles Antoine.

L’enjeu est la souveraineté technologique. Des startups françaises comme Pasqal ou Alice & Bob sont aujourd’hui dans la course pour construire l’ordinateur quantique, capable de calculs inaccessibles aux machines actuelles. Pour maintenir cette dynamique, le physicien a lancé un appel aux jeunes présents dans la salle : la filière a un besoin critique de nouveaux talents pour former la future « génération quantique ».

Après la théorie, place à l’émotion. Ce mardi 20 janvier, le dispositif se poursuit avec une approche artistique. Dès 18 h 30, la conférence-spectacle « Équiquanto », coanimée avec l’artiste Paul Kichilov, tentera de traduire ces concepts abstraits par l’art, confirmant que pour comprendre l’infiniment petit, l’imaginaire reste notre meilleur outil.

Tags
Image de Clémentine Coppola

Clémentine Coppola

Contacter la rédaction
Filigrane