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Bure : le préfet interdit la manifestation antinucléaire du 19 avril

Durée de lecture : 3 min.
Sous la menace d'une expulsion imminente de la gare de Luméville, lieu historique de la lutte, le collectif antinucléaire appelle à la mobilisation. Face à ce rassemblement non déclaré et aux risques de débordements, le préfet de la Meuse a interdit toute manifestation ce dimanche.
Sous la menace d'une expulsion imminente de la gare de Luméville, lieu historique de la lutte, le collectif antinucléaire appelle à la mobilisation. Face à ce rassemblement non déclaré et aux risques de débordements, le préfet de la Meuse a interdit toute manifestation ce dimanche.

Le climat se tend dans le sud de la Meuse. Alors que la mouvance opposée au projet Cigéo prévoyait de conclure sa semaine d’action « Faisons dérailler l’expulsion » par une manifestation ce dimanche 19 avril, les autorités ont décidé de couper court à l’initiative. En cause : l’absence totale de déclaration officielle et le refus des organisateurs de s’identifier.

Un cadre légal « délibérément » ignoré

Pour la préfecture, cette situation est inacceptable. Dans un communiqué publié ce jeudi soir, Xavier Delarue rappelle que si la liberté de manifester est fondamentale, elle doit s’exercer selon des règles strictes. Le préfet fustige une « volonté manifeste de s’affranchir du cadre légal » de la part des militants, dans un contexte de forte tension autour de l’expropriation des lieux de vie du collectif.

« Cette manifestation n’a fait l’objet d’aucune déclaration en préfecture, en violation des dispositions du code de la sécurité intérieure », précise le représentant de l’État. Cette absence d’interlocuteurs empêche, selon lui, toute préparation sécurisée du parcours, faisant peser une menace sur les biens et les personnes.

La crainte de groupes radicaux

L’inquiétude des autorités est d’autant plus vive que les services de renseignement signalent la venue de groupes radicaux. Le souvenir des affrontements du 20 septembre dernier, où près de deux cents individus de type black blocs avaient fait face aux forces de l’ordre pendant plusieurs heures, reste dans toutes les mémoires.

Face à ces « risques avérés de troubles graves », tout rassemblement revendicatif est désormais strictement interdit dans un périmètre incluant neuf communes, dont Bure, Mandres-en-Barrois et Gondrecourt-le-Château. Toute participation à ces attroupements exposera les contrevenants à des poursuites pénales.

Des mesures administratives

Le dispositif ne se limite pas à l’interdiction de circuler. Le préfet a déployé un arsenal de restrictions allant de neuf heures à vingt-deux heures tout au long du week-end :

  • Interdiction de vente et de transport de carburants, acides et produits chimiques.
  • Prohibition des artifices, de la peinture en aérosol et des objets pouvant servir d’arme.
  • Interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique et d’utiliser du matériel de sonorisation.
  • Interdiction de porter des objets destinés à se dissimuler le visage.

Des contrôles renforcés, statiques et dynamiques, seront opérés par les forces de l’ordre pour protéger les infrastructures sensibles. Le préfet prévient : « Aucun trouble à l’ordre public ne sera toléré. »

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Clémentine Coppola

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