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Mai’Scènes : le passé industriel de Saint-Dizier sur les planches du théâtre

Durée de lecture : 4 min.
Vendredi 29 mai, le théâtre de Saint-Dizier a clos son festival Mai’Scènes avec l’œuvre “A plate couture”, de Carole Thibaut, interprétée par la troupe « Ouvrez les guillemets ». Un texte engagé et populaire mettant en lumière des femmes et leur destin face à la fermeture de leur usine
Vendredi 29 mai, le théâtre de Saint-Dizier a clos son festival Mai’Scènes avec l’œuvre “A plate couture”, de Carole Thibaut, interprétée par la troupe « Ouvrez les guillemets ». Un texte engagé et populaire mettant en lumière des femmes et leur destin face à la fermeture de leur usine

Au théâtre de Saint-Dizier, se jouait l’œuvre de Carole Thibaut, « À plate couture » vendredi soir au théâtre de Saint-Dizier. Un texte écrit en 2015 dans lequel nous suivons la vie de cinq femmes licenciées après la fermeture de leur usine de textile. 

Un regard vers le passé industriel bragard

La pièce a été écrite par une autrice lorraine, mais mise en scène par Carole Brossard, bragarde, qui a tenu à s’inspirer de la désindustrialisation subie par Saint-Dizier dans sa proposition de mise en scène. « Le texte est celui de la pièce, mais on a essayé de l’adapter pour parler du combat des bonnetières de Saint-Dizier particulièrement. On a même été jusqu’à en rencontrer et à collecter des documents qui sont intégrés dans la mise en scène.», explique la réalisatrice, elle-même comédienne dans la pièce.

Une mise en scène destinée à rendre hommage aux ouvrières victimes de la fermeture des usines de textile de Saint-Dizier, ainsi qu’à leur combat pour tenter de conserver leur emploi. « Ce combat-là concernait 500 ouvrières, ce qui est peu par rapport à d’autres entreprises concernées, est passé un peu sous les radars. Nous avons voulu le remettre en avant. » confesse la metteuse en scène, quelques minutes avant son entrée sur les planches. 

La femme comme ouvrière, épouse et mère

La pièce explore le monde professionnel dans lequel étaient plongées les ouvrières. La cadence, les salaires, les droits, la diminution des effectifs nous sont présentés successivement dans un texte qui rend le spectateur témoin de l’histoire de la ville où il se trouve. La vie intime et privée de ces femmes est également mise en scène. Le rôle de mère ouvrière est dépeint sans pathos, mais instille une réelle appréhension dans la salle.

Manon Pierre, qui interprétait le personnage de Solène, mère célibataire, le décrit : « Mon personnage est très en retrait par rapport aux autres. Elle a une vie compliquée, elle élève seule son fils et tout au long de la pièce, on voit que c’est quelqu’un qui a besoin de réconfort. C’est un personnage qui a été très intéressant à exploiter, puisqu’elle est celle qui va sombrer le plus et va être très influencée par cette fermeture. Avec Solène, on a de l’angoisse, de la peur et on se demande ce qu’il va se passer.” raconte la comédienne amatrice également professeure d’histoire géographie ». 

La pièce finit enfin par s’intéresser à ces ménages où tant la femme que le mari se sont retrouvés sans emploi, quasiment simultanément après ces fermetures d’usines. Carole Brossard se souvient : « Souvent, les femmes travaillaient à la bonneterie, les hommes dans les usines d’acier, et le drame pour beaucoup a été que ces deux industries ont plongé en même temps.».

Après presqu’une heure trente de spectacle, le public n’a pas manqué de saluer chaleureusement cette pièce dont la mise en scène n’aurait pu être présentée ailleurs qu’à Saint Dizier.

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Filigrane