Les chemins croisés d’Éric Guerre et Pierre Le Gallo

Durée de lecture : 4 min.
À Chaumont, lors de la Fête du livre, Éric Guerre et Pierre Le Gallo unissent leurs talents le temps d’une rencontre. L’un façonne des récits où l’imaginaire se mêle au réel, l’autre leur donne forme et lumière.
À Chaumont, lors de la Fête du livre, Éric Guerre et Pierre Le Gallo unissent leurs talents le temps d’une rencontre. L’un façonne des récits où l’imaginaire se mêle au réel, l’autre leur donne forme et lumière.

Éric Guerre, auteur de romans, nouvelles et fables, et Pierre Le Gallo, illustrateur et scénographe, partagent bien plus qu’une collaboration artistique. « C’est un rapport de confiance et d’amitié, c’est tout », confie Éric Guerre. Leur lien fort, né il y a plus de trois décennies, nourrit un travail d’une grande sensibilité, où l’un et l’autre se retrouvent « dans une complicité créative ».

Écrire comme une évidence

Pour Éric, l’écriture n’est pas une décision, mais une évidence : « Rien ne m’a mené jusqu’à l’écriture. Elle était en moi depuis le début ». Il écrit depuis l’enfance, mais c’est seulement à la retraite qu’il décide de partager ses textes. Le déclic vient de sa femme : « Elle m’a demandé : à quoi ça sert tout ce que tu fais enfermé dans ton bureau ? ». Une simple question qui a réveillé l’envie de transmettre et toucher les autres.

L’univers d’Éric est profondément poétique et musical. Il accorde une attention méticuleuse à chaque mot, chaque sonorité : « Je peux passer 15 minutes sur un mot pour que la musicalité fonctionne ». Ses écrits explorent des thèmes profonds et émotionnels, avec une approche qui varie selon les sujets abordés. « Ce sont mes personnages qui m’emmènent, et non l’inverse », explique-t-il. Une écriture fluide, vivante, où chaque texte a son propre style.

Le livre à quatre mains : une quête d’inspiration

Dans leur prochain ouvrage « Les paradis perdus », les deux artistes racontent une histoire d’amitié, mais aussi une quête existentielle : celle de deux amis, dont l’un est illustrateur, à la recherche d’une inspiration oubliée. Éric et Pierre y intègrent des éléments d’eux-mêmes, dans une narration mi-fictionnelle, mi-réelle. « On a fait un pas de côté pour que ça devienne un roman », explique Éric. L’histoire devient un road movie littéraire, à travers la France et les souvenirs, où les illustrations dialoguent avec les mots.

Une création ancrée dans la confiance

Le duo fonctionne sur une confiance réciproque totale : « On se connaît, on sait qu’on peut s’appuyer l’un sur l’autre ». Leur manière de travailler est organique, intuitive. « Quand l’un dit quelque chose, l’autre le fait ». Pierre illustre les haltes imaginaires, les rituels du voyage, mais aussi des souvenirs enfouis et des lieux disparus. « Les illustrations sont faites de choses qui n’existent plus, ou qui auraient pu exister », précise-t-il.

Les paradis perdus n’est pas qu’un roman graphique. C’est aussi une exploration de l’amitié, de ses fragilités, et du temps qui passe. Le texte aborde également la solitude liée à la maladie, le désir d’avancer malgré l’incertitude, et la beauté du lien humain. « Ce livre interroge : qu’est-ce qui fait qu’une amitié existe ? Qu’est-ce qui la menace ? », résume Éric.

Tags
Filigrane