1,5 million d’euros de corruption et 242 emplois en suspens : Hachette et Driout face à un double verdict

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À Saint-Dizier, l’affaire judiciaire des Aciéries Hachette et Driout se poursuit à Belfort, tandis que l’avenir industriel du site bragard reste incertain.

Hachette et Driout

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À Saint-Dizier, l’affaire judiciaire des Aciéries Hachette et Driout se poursuit à Belfort, tandis que l’avenir industriel du site bragard reste incertain.

Depuis lundi 19 janvier, le tribunal correctionnel de Belfort examine une vaste affaire de corruption. Dans le dossier, les Aciéries Hachette et Driout (AHD) que les Bragards connaissent bien. Les faits reprochés remontent à la période 2011–2017 et portent sur le versement de plus de 1,5 million d’euros à une société intermédiaire fictive afin d’influencer le directeur des achats de l’entreprise Cryostar, client industriel majeur.

Au total, sept personnes physiques et trois sociétés sont jugées durant trois jours d’audience. L’enquête avait été déclenchée dès 2014 après un signalement de Tracfin, avant l’ouverture d’une information judiciaire à Belfort en 2019.

Une entreprise désormais hors de cause

Sur le plan judiciaire, l’entreprise Hachette et Driout n’est plus poursuivie depuis octobre 2023. La fonderie bragarde avait alors signé une convention judiciaire d’intérêt public, acceptant de verser une amende de 1,2 million d’euros, mettant fin aux poursuites à son encontre.

Cette procédure avait été retenue au motif que les faits étaient antérieurs au rachat de la société et que les nouveaux actionnaires n’en avaient pas connaissance. Depuis, l’entreprise affirme avoir renforcé ses dispositifs internes de prévention et de lutte contre la corruption.

L’ancien président des Aciéries Hachette et Driout, André Robert-Dehault, aujourd’hui âgé de 82 ans, reste en revanche poursuivi à titre personnel. Mis en examen, il a reconnu les faits, tout en affirmant avoir agi sous contrainte afin de préserver l’activité et l’emploi.

Une situation économique toujours plus fragile

Parallèlement à ce volet judiciaire, l’avenir industriel du site de Saint-Dizier demeure extrêmement incertain. Placée en redressement judiciaire le 9 décembre 2025, la fonderie fait partie du groupe industriel ACI, lui-même en grande difficulté financière.

Mercredi 4 février, le tribunal des activités économiques de Lyon s’est penché sur le sort du groupe ACI. Le plan de continuation présenté par Philippe Rivière, président historique du groupe, n’a pas convaincu la juridiction. Écarté de la direction depuis le 17 octobre dernier, l’industriel n’a pas obtenu le feu vert pour un retour aux commandes.

Une vente à la découpe du groupe ACI

Faute de solution globale, les juges ont acté une vente à la découpe des filiales du groupe ACI. Plusieurs sociétés ont déjà trouvé repreneur, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, territoire d’implantation historique du groupe.

En revanche, Hachette et Driout n’a pas été reprise lors de cette audience. Le dossier de la fonderie bragarde sera réexaminé le 24 février prochain devant le tribunal lyonnais.

242 salariés dans l’attente

Des repreneurs potentiels devraient déposer une offre d’ici au 19 février. Chacune de ces propositions prévoit toutefois une réduction significative des effectifs.

À ce jour, 242 salariés travaillent encore sur le site de Saint-Dizier, dans un climat d’inquiétude croissante. En l’absence d’offre jugée suffisamment solide, le risque d’une liquidation judiciaire n’est pas écarté.

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Clémentine Coppola

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