Suivez les élections municipales sur PTV

Affaire de corruption Hachette et Driout : 18 mois de prison avec sursis pour l’ancien directeur

Durée de lecture : 4 min.
Depuis janvier, le tribunal correctionnel de Belfort examine une vaste affaire de corruption qui concerne les Aciéries Hachette et Driout. Dirigeant de l’entreprise à l’époque, André Robert-Dehault a reconnu les faits et a été condamné.

Hachette et Driout

Voir le dossier
Depuis janvier, le tribunal correctionnel de Belfort examine une vaste affaire de corruption qui concerne les Aciéries Hachette et Driout. Dirigeant de l’entreprise à l’époque, André Robert-Dehault a reconnu les faits et a été condamné.

Depuis lundi 19 janvier, le tribunal correctionnel de Belfort examine une vaste affaire de corruption. Dans le dossier, les Aciéries Hachette et Driout (AHD), une entreprise bien connue à Saint-Dizier. Les faits reprochés remontent à la période 2011–2017 et portent sur le versement de plus de 1,5 million d’euros vers une société intermédiaire fictive afin d’influencer le directeur des achats de l’entreprise Cryostar, client industriel majeur.

Mise en examen et condamnation 

Sept personnes physiques et trois sociétés ont été  jugées durant trois jours d’audience. L’enquête avait été déclenchée dès 2014 après un signalement de Tracfin, avant l’ouverture d’une information judiciaire à Belfort en 2019. Sur le plan judiciaire, l’entreprise Hachette et Driout n’est plus poursuivie depuis octobre 2023. La fonderie bragarde avait alors signé une convention judiciaire d’intérêt public, acceptant de verser une amende de 1,2 million d’euros, mettant fin aux poursuites à son encontre.

Cette procédure avait été retenue au motif que les faits étaient antérieurs au rachat de la société et que les nouveaux actionnaires n’en avaient pas connaissance. Depuis, l’entreprise affirme avoir renforcé ses dispositifs internes de prévention et de lutte contre la corruption.

Toutefois, l’ancien président des Aciéries Hachette et Driout, André Robert-Dehault, aujourd’hui âgé de 82 ans, a été mis en examen et a reconnu les faits, tout en affirmant avoir agi sous contrainte afin de préserver l’activité et l’emploi. Le jugement du prévenu a été mis en délibéré le 12 février avec la décision des juges. Déclaré coupable, André Robert-Dehault écope de 18 mois de prison avec sursis ainsi que d’une amende délictuelle de 30 000 euros, dont 15 000 avec sursis.

De son côté, Cryostar va recevoir la somme de 576 446 euros de dommages et intérêts et l’ancien dirigeant est condamné à leur verser 160 502 €, solidairement avec MG Diffusion et Didier Salvadori, et 336 711 euros, solidairement avec le premier. André Robert-Dehault doit également verser 1 000 euros à Cryostar.

Une situation économique toujours fragilisé

L’avenir industriel du site de Saint-Dizier demeure extrêmement incertain. Placée en redressement judiciaire le 9 décembre 2025, la fonderie fait partie du groupe industriel ACI, lui-même en grande difficulté financière.

Le 4 février, le tribunal des activités économiques de Lyon s’est penché sur le sort du groupe ACI. Le plan de continuation présenté par Philippe Rivière, président historique du groupe, n’a pas convaincu la juridiction. Écarté de la direction depuis le 17 octobre dernier, l’industriel n’a pas obtenu le feu vert pour un retour aux commandes.

Faute de solution globale, les juges ont acté une vente à la découpe des filiales du groupe ACI. Plusieurs sociétés ont déjà trouvé repreneur, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, territoire d’implantation historique du groupe.

En revanche, Hachette et Driout n’ont pas été reprises lors de cette audience. Le dossier de la fonderie bragarde va être réexaminé le 24 février prochain devant le tribunal lyonnais. 

Des repreneurs potentiels devraient déposer une offre d’ici au 19 février. Chacune de ces propositions prévoit toutefois une réduction significative des effectifs.

Tags
Filigrane