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« Nous ne sommes pas la vache à lait de l’État ! », le BTP meusien alerte

Durée de lecture : 4 min.
2,50 € le litre de carburant, des matériaux en hausse de 35 % et des entreprises qui travaillent désormais à perte : le BTP meusien est en état d'alerte. Pris en étau entre des coûts qui explosent et des contrats impossibles à renégocier, nos bâtisseurs locaux craignent aujourd'hui pour leur survie.
2,50 € le litre de carburant, des matériaux en hausse de 35 % et des entreprises qui travaillent désormais à perte : le BTP meusien est en état d'alerte. Pris en étau entre des coûts qui explosent et des contrats impossibles à renégocier, nos bâtisseurs locaux craignent aujourd'hui pour leur survie.

Le constat est sans appel : le secteur du BTP en Meuse navigue en eaux troubles. Si le département semble pour l’instant plus résilient que d’autres face aux défaillances d’entreprises, les signaux d’alerte se multiplient. Pour Mickaël Laurent, la situation impose une vigilance de chaque instant : « Nous sommes finalement tous punis par une organisation centrale qui ne répond plus aux réalités du terrain ».

Le logement neuf à l’arrêt

Le secteur subit de plein fouet l’effondrement du marché du neuf. Entre la hausse des coûts des matières premières et les difficultés d’accès au crédit pour les particuliers, les mises en chantier sont en berne. Pour le président de la Fédération, le salut du territoire passe désormais par la réhabilitation.

« En Meuse, c’est la rénovation qui booste le marché et pas le neuf », affirme-t-il. Cependant, ce levier de croissance est freiné par la complexité administrative des dispositifs comme MaPrimeRénov’. Mickaël Laurent regrette des effets d’annonce qui ne sont pas suivis d’effets concrets : « Les particuliers ne vont pas avoir les moyens de leur ambition en termes de rénovation si le traitement des dossiers prend plusieurs mois ».

Un appel pressant aux élus locaux

Face à la baisse de l’investissement privé, la commande publique devient le dernier rempart pour maintenir l’activité des 253 entreprises adhérentes à la Fédération meusienne. Mickaël Laurent multiplie les échanges avec les maires et les présidents de collectivités pour les encourager à ne pas geler leurs projets.

« Soutenir l’investissement local, c’est soutenir l’économie et l’attractivité de nos communes », martèle-t-il. Il insiste également sur l’urgence de créer de nouvelles zones industrielles et artisanales, quasi inexistantes dans certains secteurs du département, pour permettre aux entreprises de s’implanter durablement et de créer de l’emploi local.

Défendre l’attractivité des métiers

Au-delà des carnets de commandes, le défi est aussi humain. Le secteur peine à recruter et à conserver ses talents, souvent tentés par des chantiers dans les départements limitrophes. Pour Mickaël Laurent, il est impératif de changer l’image de la profession auprès des nouvelles générations.

« Le problème aujourd’hui est que les jeunes méconnaissent nos métiers, leurs diversités et leurs richesses ». La Fédération se donne pour mission de montrer que le BTP est un secteur innovant, au cœur de la transition écologique, offrant des carrières solides au sein même de la Meuse.

Des solutions pour l’avenir ?

Malgré un contexte économique lourd, marqué par la fin de certains avantages fiscaux et l’allongement des délais de paiement, le président reste combatif. Pour lui, la survie du tissu artisanal meusien dépendra de la capacité de l’État et des collectivités à simplifier les démarches et à maintenir un niveau d’investissement stable.

« Nous avons joué le jeu en nous formant, en formant nos salariés », rappelle-t-il, espérant que les pouvoirs publics sauront enfin donner de la visibilité à une profession qui est le premier employeur de France, mais aussi le premier maillon de la vitalité de nos villages.

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Clémentine Coppola

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