Devant les grilles du CFA de Chaumont, l’atmosphère est pesante. Ce jeudi matin, les visages sont marqués par l’incompréhension. Au centre de ce rassemblement, un homme a décidé de porter la contestation au-delà des mots. François Curinier, formateur, a entamé une grève de la faim pour alerter sur le « mépris » de sa direction.
Une annonce brutale par courrier électronique
Élèves et professeurs ont appris la nouvelle par un mail. Envoyé simultanément à tous les collaborateurs, il a fait l’effet d’une bombe. Dans ce courrier électronique, la direction annonce l’arrêt total des activités en Haute-Marne, hors École de la deuxième chance. Une méthode jugée brutale, sans concertation préalable, qui ne laisse comme seule alternative qu’un hypothétique transfert à un tiers.
La solidarité s’organise. Une pétition, lancée dans l’urgence, a déjà recueilli plus de 600 signatures. Pour les apprentis, c’est l’angoisse d’un cursus brisé en plein vol. Pour les anciens, le choc est immense. Ici, on forme l’excellence artisanale du département depuis des décennies. Un outil de travail que les formateurs refusent de voir sacrifié sur l’autel de la restructuration.
Le soutien des acteurs politiques
Face à l’urgence, les salariés ont envoyé un appel de détresse à tous les acteurs politiques du territoire. Un cri entendu : le Conseil départemental et la ville de Chaumont ont réagi. Pour le président du Département, Nicolas Lacroix, cette fermeture est inacceptable et menace l’insertion des jeunes en milieu rural. De son côté, la mairie de Chaumont exige la suspension immédiate de la décision.
L’avenir des apprentis menacé
La direction d’Alméa invoque une crise profonde de l’apprentissage et une situation financière intenable pour justifier ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi. Alors que l’organisme fête ses 50 ans, la Haute-Marne refuse d’être rayée de la carte. Le sort des 378 apprentis haut-marnais est désormais suspendu à l’ouverture d’un dialogue avant que les centres ne ferment définitivement leurs portes.


