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« On a un sentiment de mépris » : l’avenir des CFA Alméa de Chaumont et Saint-Dizier menacé

Durée de lecture : 4 min.
Lundi dernier, à 13 heures, un simple mail a fait l'effet d'une bombe pour les salariés d'Alméa Formations. La direction y annonce un projet de restructuration radical prévoyant l'arrêt total des activités en Haute-Marne. Entre colère et désespoir, la mobilisation s'organise autour d'un formateur en grève de la faim.
Lundi dernier, à 13 heures, un simple mail a fait l'effet d'une bombe pour les salariés d'Alméa Formations. La direction y annonce un projet de restructuration radical prévoyant l'arrêt total des activités en Haute-Marne. Entre colère et désespoir, la mobilisation s'organise autour d'un formateur en grève de la faim.

C’est un véritable séisme social qui secoue le département. L’annonce de la fermeture programmée des sites de Chaumont et Saint-Dizier place 378 alternants, une trentaine d’enseignants et près de 300 entreprises partenaires dans une incertitude totale. De la mécanique à la boulangerie, en passant par la coiffure ou la restauration, l’arrêt des activités est vécu comme une déflagration pour l’économie locale.

Un mouvement de protestation

Sur place ce jeudi matin, l’émotion a laissé place à une mobilisation tendue. Face au manque de transparence dénoncé par les équipes, François Curinier, formateur en histoire-géographie et français au CFA de Chaumont, a décidé d’entamer une grève de la faim. Un geste fort pour alerter sur le sort des salariés et des apprentis.

Devant le portail du centre de formation, élèves et professeurs se relayent à chaque pause pour soutenir leur collègue et enseignant. Le sentiment d’abandon est général. À Saint-Dizier, bien que la mobilisation soit plus discrète pour éviter d’éventuelles sanctions, le message est tout aussi explicite : une pancarte affichée à une fenêtre proclame que « notre avenir n’est pas à vendre ».

La direction invoque une « crise profonde » de l’apprentissage

Pour justifier ce projet de réorganisation, la gouvernance d’Alméa s’appuie sur un constat alarmant de sa situation économique. Dans un communiqué de presse, l’organisme souligne que « l’apprentissage, longtemps présenté comme un levier majeur d’insertion et d’égalité des chances, traverse une crise profonde ». La direction pointe notamment du doigt l’absence de stratégie publique durable et les réductions budgétaires successives.

Le plan d’action, approuvé par le Conseil d’Administration après une alerte du Commissaire aux Comptes, prévoit des mesures drastiques : arrêt de filières non rentables, externalisations et suppressions de postes. Le mail envoyé aux collaborateurs est sans équivoque sur le sort du département : « L’arrêt total, hors E2C, des activités est notamment envisagé dans le département de la Haute-Marne, sauf en cas de transfert d’activités à un tiers. »

Un plan de survie pour garantir la pérennité

Malgré la brutalité des annonces, la direction affirme que cette restructuration est l’unique voie pour assurer la survie de l’association, qui fête ses 50 ans cette année. Le projet vise à « adapter la structure des coûts et sécuriser le modèle économique » afin de maintenir, à terme, un maximum d’emplois sur les autres sites du Grand Est.

La direction se veut rassurante sur ses intentions futures, précisant vouloir « moderniser des formations sur les filières existantes en adéquation avec les besoins du marché ». Cependant, pour les familles et les entreprises haut-marnaises, l’urgence est ailleurs : comment assurer la continuité du parcours de formation des centaines de jeunes actuellement engagés dans un cursus qui pourrait disparaître prématurément ? Les modalités détaillées de ce Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) doivent encore être arbitrées après consultation des instances représentatives du personnel.

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Clémentine Coppola

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