Axel Clerget met fin à sa carrière : la page se tourne pour le judoka haut-marnais

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Double médaillé mondial et champion olympique par équipes à Tokyo, Axel Clerget a annoncé la fin de sa carrière à 38 ans.
Double médaillé mondial et champion olympique par équipes à Tokyo, Axel Clerget a annoncé la fin de sa carrière à 38 ans.

Près de deux ans après sa dernière compétition internationale, en juin 2024 à l’Open de Madrid, Axel Clerget a officiellement annoncé la fin de sa carrière. Ce matin, le judoka haut-marnais, figure de l’équipe de France en –90 kg, a confirmé sa décision dans un entretien accordé au journal L’Équipe.

« L’arrêt de carrière, j’en avais envie, j’étais préparé », explique-t-il au journaliste, tout en reconnaissant avoir mis du temps à franchir le pas. Une attente liée à des raisons personnelles, mais aussi au choc provoqué par sa non-sélection pour les Jeux olympiques de Paris 2024.

Le traumatisme de la non-sélection olympique

Toujours dans les colonnes de L’Équipe, Axel Clerget revient longuement sur cette période charnière. Écarté de la sélection olympique au profit de Maxime-Gaël Ngayap Hambou, futur médaillé de bronze, il confie avoir traversé un véritable bouleversement.

« Tu perds une sorte d’identité », explique-t-il, décrivant la difficulté à exister autrement que comme sportif de haut niveau. « Je me suis enfermé chez moi après l’annonce de ma non-sélection », ajoute-t-il, évoquant un épisode dépressif alimenté par l’omniprésence médiatique des Jeux.

Une carrière bâtie sur la persévérance

Au-delà de cette fin douloureuse, Axel Clerget dresse le bilan d’un parcours atypique. Débutant le judo à quatre ans et demi dans le club de son père à Saint-Dizier, il n’a jamais été considéré comme un prodige.

« Gros bosseur, pas talentueux », confie-t-il à L’Équipe. Longtemps en difficulté face à la pression, il parvient pourtant à s’imposer au fil des années, devenant numéro 1 français, médaillé mondial et pilier de l’équipe de France. Une carrière singulière, dont les plus grandes réussites sont arrivées après 30 ans.

« Le 174e combat », raconter l’échec et la reconstruction

Cette fin de carrière se prolonge aujourd’hui à travers un projet : un documentaire intitulé « Le 174e combat », consacré à sa tentative de qualification pour Paris 2024 et aux mois qui ont suivi son échec.

« 174, c’est le nombre de combats que j’ai disputés à haut niveau », explique Axel Clerget dans une interview accordée à la presse locale. « C’est aussi celui qui symbolise ma course olympique et ma reconstruction ».

Le film, d’une durée de 52 minutes, alterne compétitions, témoignages de proches, images du quotidien et regards croisés d’athlètes et de membres du staff de l’équipe de France. Certaines séquences ont été tournées à Saint-Dizier, territoire auquel le judoka reste profondément attaché.

Montrer l’envers du sport de haut niveau

À travers ce documentaire, Axel Clerget souhaite livrer un message clair : derrière les médailles, il y a aussi des failles. « On voit souvent les sportifs comme des super-héros, mais on est des êtres humains », explique-t-il.

Sur ses réseaux sociaux, il résume l’esprit du projet : « Ce film est un regard vrai sur ce que représente une carrière, une quête olympique. Les jours avec et les jours sans, les doutes, les silences, les remises en question ».

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Clémentine Coppola

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