Attaques de loups : un éleveur haut-marnais a perdu plus d’une trentaine de brebis en quelques jours

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À Bassoncourt, un éleveur de brebis haut-marnais a subi de terribles attaques de loups, entraînant la mort de plus d’une trentaine de bêtes. Une attaque de plus qui pèse sur le moral.
À Bassoncourt, un éleveur de brebis haut-marnais a subi de terribles attaques de loups, entraînant la mort de plus d’une trentaine de bêtes. Une attaque de plus qui pèse sur le moral.

« C’est la plus grosse attaque de loups », déclare Thomas Millot, président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne. Dans la commune de Bassoncourt en Haute-Marne, un éleveur possède un lot de 140 brebis, un nombre qui a diminué en seulement quelques jours.

Des attaques de loups qui continuent à faire des dégâts

Début janvier, l’agriculteur a été victime d’une attaque de loup dans un lot de brebis. Six bêtes ont été tuées et 20 ont été euthanasiées. Malheureusement, quelques jours plus tard, les canidés reviennent sur la parcelle et sévissent de nouveau. « On voit bien que le loup ne prélève pas pour manger, il est régulièrement vu en journée », précise Thomas Millot.

Dans la nuit du 25 au 26 janvier, l’éleveur découvre qu’une de ses brebis est tuée, une autre blessée et une autre encore a disparu. La nuit suivante, l’attaque est plus violente avec 21 brebis tuées et neuf euthanasiées.

Une troisième attaque s’est produite dans la nuit du 27 au 28 janvier avec une bête tuée, une blessée et deux autres euthanasiés. 

Au total, en moins d’un mois, l’agriculteur a perdu près d’une quarantaine de ses brebis. Un fait qui pèse d’autant plus sur le mental, pour une profession déjà sous tension. « Cette situation appelle à l’urgence, j’ai envoyé un message à la ministre. On attend des réponses rapides », déclare le président des Jeunes Agriculteurs 52.

Le 20 janvier, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de la ministre de l’Agriculture. Pendant près de deux heures, Pierre-Edouard Brutel, éleveur d’ovins à Bassoncourt, Thomas Millot, président des Jeunes agriculteurs de Haute-Marne, Sébastien Riottot, président de la FDSEA 52 ainsi que Samuel Guenin, en charge du dossier à la FDSEA, ont exposé la situation et leurs revendications. 800 moutons ont été victimes d’attaques en 2025

Des manifestations pour dénoncer les attaques

À Chaumont, près d’une centaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel des syndicats agricoles le samedi 3 janvier. Ils se sont rassemblés pour dénoncer un quotidien qu’ils disent « à bout de souffle. » Attaques à répétition, troupeaux décimés, procédures administratives jugées trop longues…

Plusieurs éleveurs évoquent des nuits écourtées, la peur permanente d’une nouvelle attaque et surtout le sentiment d’attendre trop longtemps des réponses concrètes après chaque prédation. « On se sent seuls face à ça », déclarent les agriculteurs présents.

Les organisations syndicales formulent plusieurs revendications :

  • une régulation du loup plus efficace et adaptée aux territoires
  • des décisions rapides après chaque attaque
  • la reconnaissance du préjudice moral autant qu’économique
  • la simplification des démarches, du tir de défense aux indemnisations

Elles défendent également une notion centrale : « Le respect du pastoralisme et de ceux qui font vivre les campagnes. »

À 14 heures, le même jour, une cérémonie d’hommage a été organisé en mémoire des « 800 victimes » et pour comprendre les animaux tués. Un moment solennel pour rappeler que, derrière le débat sur la place du loup, il y a des troupeaux, des exploitations et des éleveurs qui disent, aujourd’hui, « craquer ».

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