Tout commence ce jeudi 2 avril à l’aéroport de Vatry, dans la Marne. Les 230 passagers du vol FR4565 s’apprêtent à s’envoler pour Porto à 17 heures. Mais une fois à bord, le voyage tourne court.
Un départ avorté pour raison technique
Mickaël Biaux a confié à France 3 Champagne-Ardenne : « Après l’embarquement, l’avion s’est dirigé vers la piste et très rapidement il s’est arrêté. Au bout de 30 minutes, on nous a annoncé qu’il y avait un problème technique ».
L’appareil retourne finalement à l’aérogare et les voyageurs sont débarqués sans plus de précisions. Ce n’est que vers 20 h 30 que l’application de la compagnie Ryanair indique un nouveau départ le lendemain à 7 heures. Problème : le personnel de l’aéroport marnais informe les clients que Vatry est fermé le vendredi.
Transfert nocturne et « balade » vers Beauvais
Face à l’impossibilité de décoller de la Marne, la compagnie irlandaise décide de transférer les passagers vers l’aéroport de Beauvais, dans l’Oise. Le périple continue dans la nuit : départ en bus à 2 heures du matin pour une arrivée en Picardie après 5h. Sur place, la désillusion est totale.
Linda Baudinet, une passagère venue du Doubs, ne cache pas sa colère auprès de France 3 Champagne-Ardenne : « Il y a des enfants, des personnes âgées. On nous a baladés et n’avons eu le droit qu’à un paquet de chips de 30 g et une bouteille d’eau et encore, on a dû les réclamer ». Épuisée, elle affirme que pour elle et sa famille, l’expérience est définitive : « Nous ne reviendrons plus jamais à Vatry ».
Des vols fantômes et des surcoûts exorbitants
Ce vendredi 3 avril au matin, la situation ne s’arrange pas. Le vol promis pour 9 h 15 s’avère inexistant sur les écrans d’affichage. Certains passagers, logés provisoirement à l’hôtel, ont même dû rejoindre l’aérogare à pied. À l’heure actuelle, un départ est théoriquement prévu à 18 h 40, soit plus de 24 heures de retard sur l’horaire initial.
Face à cette incertitude, certains voyageurs ont craqué. C’est le cas de Mickaël Biaux qui a préféré racheter des billets sur un autre vol à 14 h 25 pour la somme de 759 € pour son couple, alors que leur voyage initial ne leur avait coûté que 250 €. « Pour nous c’est du jamais vu », déplore-t-il.
La colère gronde et un collectif s’organise
Dans l’aérogare de Beauvais, l’ambiance est électrique. Entre la perte d’une journée de travail, les nuits d’hôtel déjà payées au Portugal et le sentiment d’abandon, les passagers réclament des comptes. Linda Baudinet a commencé à récolter les coordonnées des autres naufragés du ciel afin de monter un collectif pour défendre leurs droits.« On préfèrerait qu’on nous dise qu’il n’y a pas de vol et qu’on puisse rentrer chez nous et nous faire rembourser », conclut-elle. Pour ces 230 passagers, les vacances de Pâques ont d’ores et déjà un goût très amer.


