À Bassoncourt, dans le Bassigny, le silence a remplacé les bêlements.
Dans la nuit du 12 janvier, 26 agneaux et béliers ont été attaqués par un loup. Six ont été retrouvés morts, vingt autres ont dû être euthanasiés. Sur un troupeau de 141 bêtes, le choc a été immense pour l’éleveur, déjà touché l’an dernier par une première attaque.
Malgré les clôtures renforcées et le déplacement de ses animaux, rien n’a suffi. Aujourd’hui, l’éleveur renonce : la moitié de son troupeau a été vendue, le reste le sera prochainement.
Une colère et une détresse des agriculteurs
Ce jeudi matin, la mobilisation des agriculteurs en Haute-Marne prend aussi racine dans cette réalité. Derrière les revendications sur les normes et le Mercosur, il y a la fatigue, l’usure, et la peur permanente de nouvelles attaques. Pour beaucoup, le loup n’est plus un symbole lointain, mais une menace concrète, qui pousse certains à tourner la page d’un métier exercé par passion… devenu trop lourd à porter.


