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Hachette & Driout reprise par Paralloy : un nouveau départ stratégique après la tourmente

Durée de lecture : 5 min.
Le Tribunal des affaires économiques de Lyon a validé ce mardi l’offre de Paralloy, en partenariat avec Framatome, pour reprendre les Fonderies Hachette & Driout à Saint-Dizier.

Hachette et Driout

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Le Tribunal des affaires économiques de Lyon a validé ce mardi l’offre de Paralloy, en partenariat avec Framatome, pour reprendre les Fonderies Hachette & Driout à Saint-Dizier.

Les Fonderies Hachette & Driout (FHD) entrent dans une nouvelle phase de leur histoire industrielle. Ce mardi 24 février, le Tribunal des affaires économiques de Lyon a retenu l’offre de Paralloy, associée à Framatome, pour reprendre l’activité, confirmant ainsi la pérennité du site dans la filière nucléaire nationale.

Dans un communiqué, la Ville de Saint-Dizier souligne que cette décision « fait de FHD une fonderie stratégique de la filière nucléaire française », inscrivant le site bragard au centre d’une logique de souveraineté industrielle à long terme.

Une reprise dans un contexte lourd

La reprise d’Hachette & Driout ne se fait pas sans arrière-plan. L’entreprise avait été au cœur d’une affaire de corruption largement médiatisée. L’ancien directeur a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour son rôle dans le versement de commissions occultes à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros dans le cadre de contrats industriels, ce qui avait fragilisé l’image de l’usine et accru la pression sur la performance économique du site.

Ces révélations judiciaires s’ajoutaient à une situation financière déjà tendue. Par le passé, la société avait été confrontée à des perspectives de 15 millions d’euros de corruption avérée, plusieurs procédures internes et une révision de ses relations commerciales, ce qui avait conduit à un climat d’incertitude pour ses 242 salariés et plus largement pour l’emploi industriel dans la région.

Dans les mois qui ont suivi, la difficulté de trouver une solution industrielle viable avait laissé planer de sérieux doutes sur l’avenir du site bragard.

Paralloy : une offre jugée la plus solide

Parmi les différentes offres examinées par le tribunal, celle de Paralloy s’est imposée « à plus d’un titre ». Sur le plan industriel, le projet entend faire d’Hachette & Driout « un site majeur pour la filière nucléaire française et, au-delà, des filières de souveraineté nationale », précise la ville de Saint-Dizier. Il place la fonderie dans une stratégie de long terme, avec une volonté claire de soutenabilité et de modernisation.

Financièrement, le repreneur a promis des investissements conséquents, en partenariat avec Framatome et EDF. Ces engagements répondent au besoin de restructuration des moyens de production, tout en consolidant la place de FHD dans un secteur de haute technicité.

Paralloy est également mis en avant pour son expérience dans la reprise de sites en difficulté. L’entreprise avait notamment redressé Manoir Industries après plusieurs années de déficit, gage de sérieux aux yeux des partenaires économiques locaux.

Un bilan social partiel, des mesures pour accompagner les salariés

Si la reprise préserve un nombre important d’emplois, la Ville de Saint-Dizier reconnaît que « un certain nombre d’emplois ne pourront être préservés ». C’est l’un des points sensibles du dossier.

Pour accompagner les salariés affectés, le maire a créé, en lien avec le Comité social et économique, un « Comité de suivi élargi ». Ce dispositif a pour vocation de coordonner les actions de reclassement avec France Travail, la Région Grand Est, la Chambre de commerce et d’industrie, la Mission locale et les services de la Communauté d’agglomération. L’objectif est de minimiser l’impact social des suppressions inévitables et de favoriser des solutions concrètes pour les personnels concernés.

Vers un accompagnement durable

Outre les aspects industriels et sociaux, la question environnementale est également au centre des discussions. Lors du prochain conseil communautaire, une délibération sera proposée pour que la collectivité s’engage aux côtés du repreneur sur la gestion du passif environnemental du site.

L’enjeu est de garantir une reprise non seulement viable économiquement, mais aussi durable sur le plan écologique. Le communiqué de la Ville évoque cette démarche comme une étape nécessaire « dans un esprit de responsabilité et d’accompagnement durable ».

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Clémentine Coppola

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