Le secteur du Bassigny est toujours sous tension. En Haute-Marne, le loup n’est plus un visiteur de passage mais un habitant installé depuis bien longtemps. Pourtant à partir de novembre 2024, les attaques se sont intensifiées : 814 victimes recensées en 2025. Un triste record avec une moyenne de quatre à six victimes par attaque, contre deux pour la moyenne nationale.
Un tir de prélèvement
Face à cette « situation de risque majeur », l’État a choisi d’agir. Entre le 2 et le 14 avril, une opération de prélèvement, restée secrète pour garantir son efficacité, a été menée par les lieutenants de louveterie et la Brigade Mobile d’Intervention. C’est un jeune mâle de36 kg qui a été prélevé le 13 avril en posture d’attaque à 200 mètres d’un troupeau.
Pour le monde agricole, ce prélèvement est un signal attendu, mais le soulagement reste précaire. Selon les services de l’Etat, sept loups sont encore présents sur le territoire. Pour les éleveurs, c’est une véritable « épée de Damoclès » qui menace l’installation des jeunes et la survie même des exploitations.
Questionnements sur l’efficacité de ces tirs
Pourtant, cette régulation ne fait pas l’unanimité. Si la préfecture martèle que l’objectif est de maintenir un équilibre et non d’éradiquer l’espèce, les défenseurs de l’environnement, eux, questionnent l’efficacité de ces tirs.
Tout le monde sait aujourd’hui que les conditions de tirs réglementaires ne sont pas toujours respectées ! Que des appâts ont été placés (ce qui est strictement interdit), par le passé afin d’organiser un tir « strictement politique » dans la plupart des cas et surtout strictement inutile dans le contexte actuel, en Haute-Marne, s’indignent les Amis de l’Observatoire du loup
Depuis le 15 avril et jusqu’au 15 juin, la période de mise à bas impose une trêve biologique. La question se pose quant aux dispositifs qui seront mis en place pendant l’été. L’État propose un soutien financier. Depuis 2024, 225 000 euros ont déjà été mobilisés pour l’indemnisation des éleveurs touchés. Si la clôture reste la garantie prioritaire pour les autorités, les éleveurs, eux, se préparent à « absorber le choc » d’une cohabitation qui semble, chaque jour, plus complexe.


