Une action syndicale. Ce mardi 28 avril, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Meuse ont mené une opération symbolique pour dénoncer l’éco contribution poids lourds envisagée par Franck Leroy, président de la Région Grand Est à partir du deuxième trimestre 2027.
Une délégation de l’exécutif du Grand Est s’est déplacée en Meuse, notamment à Lisle-en-Barrois et à Saint-Julien-sous-les-Côtes. À cette occasion, des portiques agricoles de péage ont été installés à l’entrée des exploitations visitées afin de « matérialiser de façon concrète l’impact de cette future taxe sur les agriculteurs ».
Une opération péage contre l’éco contribution
Si aucun paiement n’a été demandé sur place, une facture adressée directement à la Région Grand Est, « une manière claire de renvoyer la note à ceux qui veulent encore faire payer l’agriculture », exprime les syndicats dans un communiqué.



« Cette mise en scène volontairement visible et assumée visait à démontrer ce que représenterait cette nouvelle charge pour les agriculteurs, déjà étranglés par la hausse des charges, l’effondrement des marges et l’accumulation des normes. À force de taxer, on finit par tuer ceux qui produisent », précise Xavier Arnould, président de la FDSEA de la Meuse.
La Région Grand Est a pour objectif de financer l’entretien des 525 km de routes récupérés en 2025 par une redevance kilométrique appliquée aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes. Les exploitations utilisent ces axes pour le transport des intrants, la collecte, le stockage, la transformation et la commercialisation de leurs productions. Ces trajets sont « indispensables, non délocalisables et, dans la grande majorité des cas, sans aucune alternative crédible ». Ces taxes toucheraient donc de « plein fouet » les filières agricoles, dont le lait et les céréales.
Des agriculteurs pénalisés ?
Cette taxation cumulative viendrait pénaliser davantage les productions locales que les produits importés, souvent déjà transformés et donc moins lourdement taxés.
« Nos fermes ne sont pas des tiroir-caisses. Cette écocontribution frapperait directement notre compétitivité, notre revenu et, à terme, la souveraineté alimentaire de notre territoire. On ne peut pas exiger des agriculteurs qu’ils nourrissent le pays tout en les asphyxiant fiscalement », affirment les présidents de la FDSEA de la Meuse et des JA.
Les deux syndicats demandent à la Région Grand Est une « exemption agricole spécifique pour tous les transports indispensables à l’activité agricole et à la première transformation ». Pour eux, il est « inconcevable » que le secteur agricole, représentant plus de 53 % du territoire régional, 6,6 milliards d’euros de valeur ajoutée agricole et un actif sur vingt dans la région, soit « sacrifié ».
« Fragiliser une économie rurale déjà sous tension »
Interrogé à Commercy par nos confrères de L’Est Républicain le même jour, Franck Leroy, président de la Région Grand Est s’est montré ferme sur le sujet : « Je me dis simplement que si nous voulons laisser nos infrastructures de transport dans l’état où elles sont aujourd’hui, sans investissement depuis trente ans et si accidentogènes… Que l’on continue ainsi, à les laisser se dégrader ! Alors que l’on a là juste l’opportunité de moderniser notamment la RN4 et l’A31, deux infrastructures routières essentielles dans le développement économique. […] Ma porte reste ouverte, mais je ne subirai pas de pressions locales ou nationales. »
À travers cette mobilisation, les agriculteurs meusiens souhaitent rappeler que « sans transport, il n’y a ni production, ni transformation, ni alimentation locale. Taxer ces flux, c’est fragiliser toute une économie rurale déjà sous tension ».



