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Patrouille de France : dans les coulisses du film, un an après le drame

Durée de lecture : 4 min.
Un an après la collision entre deux Alpha Jet au-dessus de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, l’équipe du documentaire ATHOS – Au cœur de la Patrouille de France revient sur les coulisses d’un tournage bouleversé par l’accident.
Un an après la collision entre deux Alpha Jet au-dessus de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, l’équipe du documentaire ATHOS – Au cœur de la Patrouille de France revient sur les coulisses d’un tournage bouleversé par l’accident.

Le 25 mars 2025, lors d’un entraînement au-dessus de Saint-Dizier, deux avions de la Patrouille de France entrent en collision. Les pilotes s’éjectent à temps. La saison s’interrompt brutalement.

Au même moment, une équipe de cinéma suit la formation depuis plusieurs mois. Le documentaire devait raconter la préparation millimétrée d’une saison. Il devient soudain le témoin d’un accident majeur. La productrice Isabelle Dagnac se souvient : « Cet accident a été un choc majeur. Évidemment pour la Patrouille de France, mais aussi pour l’équipe de tournage qui était sur place. »

Elle ajoute : « Comme on peut le voir dans le film, tout s’est arrêté brutalement. Pour eux comme pour nous. »

Un projet en IMAX

Avant le drame, le film reposait déjà sur un choix fort : le format IMAX, rarement utilisé pour un documentaire français. « Je voulais faire un film grand public, spectaculaire et le format IMAX c’était la promesse de quelque chose de grandiose », explique Isabelle Dagnac.

Filmer en IMAX implique des caméras lourdes, une très haute résolution et une logistique complexe. Elle précise : « Filmer pour IMAX c’est filmer en très haute résolution avec des caméras imposantes, il a donc fallu trouver des solutions ingénieuses tout au long de la production. » L’accident vient bouleverser cette mécanique déjà exigeante.

Un pivot narratif et une question éthique

Après le crash, une interrogation domine : faut-il continuer ? Et comment raconter cet événement ? Le réalisateur Mathieu Giombini parle d’un tournant décisif : « L’accident de Saint-Dizier est évidemment un pivot narratif très important. »

Il explique que certaines séquences ont été écartées pour laisser place à la reconstruction : « Beaucoup d’autres séquences ont été tournées qui sont parties à la trappe pour pouvoir laisser du temps dans le film à cette reconstruction. »

« La question éthique était simple pour nous : nous avons raconté ce que les pilotes vivaient, avec une grande sincérité », insiste Isabelle Dagnac. Le film ne cherche pas le sensationnel. Il montre la fragilité, la cohésion, et la reprise progressive des entraînements.

Montrer l’humanité derrière le casque

Au-delà des images spectaculaires, l’équipe veut capter l’intime.
Mathieu Giombini affirme : « Ce film, on le voulait profondément humain. On les a vus au sol. Concentrés. Silencieux. Totalement engagés. »

Pour révéler cette dimension, l’équipe multiplie les dispositifs : caméras embarquées, tournage air-to-air, micros intégrés dans les cockpits malgré des contraintes strictes de sécurité. « Ce n’est pas seulement un bruit de moteur. C’est une respiration, des alertes, des vibrations, des silences… », décrit le réalisateur. 

L’objectif est clair : faire ressentir la pression, la concentration extrême, mais aussi les moments de joie et de fierté collective.

Lorsque les membres de la Patrouille découvrent le film en IMAX, la réaction est forte. « Leur retour a été particulièrement émouvant », confie Isabelle Dagnac. Elle évoque « des larmes et des rires », et souligne leur humilité :« Ils ne se considèrent pas comme des héros. Derrière le travail et le talent, il y a une très grande humilité chez les pilotes. »

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Clémentine Coppola

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