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Hachette et Driout : on vous résume les trois enjeux de ce rachat stratégique pour l’usine

Durée de lecture : 5 min.
Après plusieurs mois d’incertitude, le tribunal des activités économiques de Lyon a validé, mardi 24 février, la reprise des Fonderies Hachette et Driout (FHD) par le groupe britannique Paralloy. Derrière cette décision se dessinent trois enjeux majeurs pour l’avenir du site bragard.

Hachette et Driout

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Après plusieurs mois d’incertitude, le tribunal des activités économiques de Lyon a validé, mardi 24 février, la reprise des Fonderies Hachette et Driout (FHD) par le groupe britannique Paralloy. Derrière cette décision se dessinent trois enjeux majeurs pour l’avenir du site bragard.

« Le meilleur scénario ». Après plusieurs mois d’incertitude, le tribunal des activités économiques de Lyon a validé, mardi 24 février, la reprise des Fonderies Hachette et Driout (FHD) par le groupe britannique Paralloy. Derrière cette décision se dessinent trois enjeux majeurs pour l’avenir du site bragard : le savoir-faire industriel, la gestion environnementale et la dimension humaine.

1. Le savoir-faire industriel : se tourner vers la filière nucléaire

Le premier enjeu est industriel. Avec cette reprise, Hachette et Driout devient un maillon stratégique de la filière nucléaire française.

Le choix de Paralloy s’est imposé parmi trois offres encore en lice, après le retrait d’un candidat la veille de l’audience. Selon le maire de Saint-Dizier, Quentin Brière, il s’agissait d’« avoir un vrai industriel, pas un financier ». Il parle du « meilleur scénario que l’on pouvait avoir. »

Acteur industriel de pointe, Paralloy produit des alliages et des tubes en acier haute performance pour les secteurs de la pétrochimie et de l’énergie. L’entreprise britannique est le leader mondial des solutions centrifugées résistantes aux températures extrêmes.

En reprenant l’entreprise bragarde, le groupe s’est engagé à injecter sept millions d’euros, dont environ sept millions consacrés à l’investissement et au fonds de roulement, et un million dédié aux enjeux environnementaux. Un montant supérieur aux autres propositions, qui prévoyaient des apports moindres.

Le groupe britannique n’en est pas à sa première reprise industrielle. Il avait notamment relancé le groupe de fonderie Manoir, dont l’activité s’est redressée après plusieurs années difficiles. Une référence citée comme gage de crédibilité.

Les membres du CSE, estime que Paralloy était « la meilleure entreprise » parmi les candidats, évoquant « une belle alliance » avec Framatome et des moyens financiers conséquents. Filiale d’EDF et leader industriel, Framatome conçoit et entretient les réacteurs nucléaires mondiaux pour garantir une énergie décarbonée. 

L’enjeu désormais est clair : relancer les commandes et repositionner l’usine dans une stratégie industrielle de long terme.

2. L’environnement : que faire du crassier ?

Le second enjeu concerne l’environnement, et plus précisément la question du crassier, ce stock de résidus industriels accumulé sur le site.

Le crassier de fonderie est une montagne de résidus minéraux issus de la fusion des métaux à haute température. La capacité de stockage avait atteint sa limite. Lors des négociations, Paralloy ne souhaitait pas reprendre à sa charge ce passif environnemental.

Pour sécuriser l’opération, la Ville de Saint-Dizier, l’Établissement public foncier et la Région Grand Est se sont mobilisés dans les dernières heures précédant la signature. L’objectif : sortir le crassier du passif environnemental de l’entreprise et répondre aux exigences de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Grand Est.

La collectivité s’est ainsi portée garante sur ce point sensible, ouvrant la voie à une réflexion sur le recyclage des matériaux. Cette intervention a permis de lever un obstacle majeur à la reprise.

3. L’humain : 82 suppressions de postes et un accompagnement renforcé

Le troisième enjeu, et sans doute le plus délicat, est social. Le maire reconnaît lui aussi que « les premiers jours vont être difficiles pour les employés ».

La reprise s’accompagne de la suppression de 82 postes sur un effectif d’environ 239 salariés. Si cette réduction représente un peu plus d’un tiers des effectifs, elle reste moins importante que dans les autres offres, qui prévoyaient jusqu’à 130 licenciements.

Pour accompagner les salariés concernés, un comité de suivi élargi sera mis en place. France Travail a déjà rencontré l’ensemble des salariés et un cabinet spécialisé assurera un suivi individuel. La Région Grand Est, la Chambre de commerce, la Mission locale et d’autres acteurs locaux seront mobilisés dans le cadre d’une charte d’engagement territoriale.

Paralloy s’est également engagé, en cas de reprise d’activité et de besoin de recrutement, à prioriser les anciens salariés pendant un an.

Le groupe britannique prendra officiellement possession du site le 1er mars. Après une première tentative de reprise en 2025, non retenue au profit d’ACI, le groupe britannique revient cette fois comme acteur central du redressement.

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Clémentine Coppola

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