Prédation du loup en Haute-Marne : 825 animaux tués en 2025, deux élevages contraints d’abandonner

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Avec 205 constats d’attaques et au moins 825 animaux domestiques morts ou euthanasiés en 2025, la prédation du loup atteint un niveau inédit en Haute-Marne.
Avec 205 constats d’attaques et au moins 825 animaux domestiques morts ou euthanasiés en 2025, la prédation du loup atteint un niveau inédit en Haute-Marne.

En 2025, 205 constats d’attaques imputables au loup ont été recensés en Haute-Marne. « C’est un total d’au moins 825 animaux domestiques tués ou gravement blessés », indique Pierre-Édouard Brutel, éleveur à Bassoncourt et référent loup des Jeunes Agriculteurs 52.

Des chiffres qui placent désormais la Haute-Marne parmi les départements de plaine les plus touchés par la prédation en France. « On atteint des niveaux que l’on ne connaissait jusqu’ici qu’en zone de montagne », alerte-t-il. Cette progression rapide marque un tournant pour un territoire historiquement peu confronté à ce type de pression.

Des troupeaux décimés, une détresse grandissante

Sur le terrain, les conséquences sont visibles. Dans la nuit de Noël, à Sarrey, près de Chaumont, une attaque a coûté la vie à dix-neuf brebis, tandis que cinq autres ont dû être euthanasiées en raison de leurs blessures. Un épisode parmi des dizaines d’autres recensés dans le département.

Pour les éleveurs, chaque attaque est un choc. « Au-delà des pertes financières, c’est un traumatisme moral. On retrouve des animaux mutilés, parfois agonisants », confient plusieurs professionnels du secteur. La répétition de ces scènes érode les vocations et alimente un sentiment d’abandon.

La pression ne se limite plus à des pertes ponctuelles. En 2025, deux élevages haut-marnais ont cessé leur activité directement en lien avec la prédation. Un signal d’alarme pour toute la filière.

Deux exploitations contraintes de fermer

« Quand un éleveur arrête, ce n’est pas seulement une ferme qui disparaît, c’est un pan du territoire rural qui s’éteint », souligne Pierre-Édouard Brutel. Une situation inédite dans le département, qui fait craindre une remise en cause durable de l’élevage ovin et caprin.

Face à cette réalité, la colère monte. Plusieurs centaines de personnes se sont récemment rassemblées devant la préfecture de Chaumont. Les revendications sont claires : interventions plus rapides après les attaques, simplification des procédures, indemnisations efficaces et régulation adaptée.

« Protéger le loup ne doit pas condamner l’élevage », martèlent les représentants agricoles. Tous ne remettent pas en cause la présence du prédateur, mais réclament des moyens concrets pour assurer une cohabitation viable.

« On nous demande de nous adapter, mais sans nous donner les outils suffisants », résume le référent loup des Jeunes Agriculteurs 52. À l’aube de 2026, le monde agricole haut-marnais attend des réponses concrètes.

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Clémentine Coppola

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