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Accord UE–Mercosur : les agriculteurs meusiens refusent les contrôles administratifs

Durée de lecture : 3 min.
La FDSEA de la Meuse et les Jeunes Agriculteurs (JA 55) annoncent refuser les contrôles administratifs sur les exploitations agricoles du département. Une décision prise en réaction à l’application provisoire de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, vivement contesté par le monde agricole.

Colère agricole

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La FDSEA de la Meuse et les Jeunes Agriculteurs (JA 55) annoncent refuser les contrôles administratifs sur les exploitations agricoles du département. Une décision prise en réaction à l’application provisoire de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, vivement contesté par le monde agricole.

Dans un courrier adressé au préfet de la Meuse, les organisations agricoles FDSEA 55 et Jeunes Agriculteurs 55 ont annoncé leur décision de refuser les contrôles administratifs sur les exploitations agricoles du département.

Cette position intervient après l’annonce de l’application provisoire de l’accord UE–Mercosur, un traité commercial entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud qui suscite une forte opposition dans le monde agricole.

Pour Rémy Lanterne, secrétaire général de la FDSEA de la Meuse, cette situation traduit une profonde incompréhension chez les exploitants. « Nous ne sommes pas là pour subir en silence : nos exploitations, notre savoir-faire et nos normes strictes sont méprisés par des décideurs qui ignorent complètement notre réalité et sacrifient l’agriculture française au profit d’importations qui ne respectent rien, assure l’élu. Le temps de la concertation est donc terminé ; celui de la confrontation commence. »

Une dénonciation d’une concurrence jugée déloyale

Les organisations agricoles dénoncent une distorsion de concurrence entre les producteurs français et certains produits importés. Selon elles, les agriculteurs français sont soumis à des normes sanitaires, environnementales et administratives particulièrement strictes, alors que des produits provenant de pays partenaires pourraient être commercialisés en Europe sans respecter les mêmes exigences.

Pour la FDSEA et les JA, cette situation fragilise les exploitations agricoles du territoire. « Nos exploitations forment le cœur de la Meuse ; département agricole par excellence, précisent les organisations dans un communiqué de presse. Fragilisées par un contexte déjà complexe, les soumettre à ces contraintes, c’est mettre en danger leur survie. »

Des contrôles demandés sur les importations

Les organisations agricoles demandent désormais que les services de l’État concentrent leurs contrôles sur la conformité des produits importés plutôt que sur les exploitations locales. Elles affirment vouloir défendre à la fois les producteurs et les consommateurs, estimant que l’accord pourrait aussi avoir des conséquences sur la qualité des produits disponibles sur le marché.

« Si nous ne lâcherons rien pour défendre nos exploitations et assurer une pérennité à l’agriculture meusienne, nous sommes aussi mobilisés pour le consommateur », souligne Rémy Lanterne.

Le Mercosur est aussi une menace directe : des produits importés moins contrôlés pourraient se retrouver dans nos assiettes.

Rémy Lanterne, secrétaire général de la FDSEA de la Meuse

La FDSEA de la Meuse et les Jeunes Agriculteurs 55 affirment rester attachés à une agriculture respectant les normes environnementales et sanitaires.Mais ils refusent que les exploitants français soient les seuls à supporter ces contraintes, dans un contexte déjà marqué par les difficultés économiques du secteur.

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Clémentine Coppola

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