Mercosur : au péage de Semoutiers, les agriculteurs passent les camions au crible

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Au péage de Chaumont–Semoutiers, les agriculteurs ont mené une opération de filtrage des poids lourds. Objectif : contrôler l’origine des produits transportés et alerter sur les conséquences des accords de libre-échange, notamment le Mercosur, qu’ils jugent incompatibles avec les normes françaises.

Colère agricole

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Au péage de Chaumont–Semoutiers, les agriculteurs ont mené une opération de filtrage des poids lourds. Objectif : contrôler l’origine des produits transportés et alerter sur les conséquences des accords de libre-échange, notamment le Mercosur, qu’ils jugent incompatibles avec les normes françaises.

« Vous pouvez ouvrir, s’il vous plaît ? On regarde juste d’où viennent les produits ». Au péage de Semoutiers, les portes des camions s’ouvrent une à une. Des agriculteurs en gilet fluorescent inspectent les remorques frigorifiques, lettres de transport à la main. Ici, pas de blocage, mais un filtrage ciblé.

Sur plusieurs axes du département

Toute la journée, sur les sorties d’autoroute de Haute-Marne – à Semoutiers, Montigny-le-Roi et Langres Nord et Sud – les syndicats agricoles occupent le terrain. Ils arrêtent les poids lourds transportant des denrées alimentaires pour en vérifier l’origine.

Une vingtaine d’agriculteurs est mobilisée sur ce péage. À la mi-journée, deux à trois camions par minute s’engouffrent vers l’A5. Allemands, italiens, polonais, lituaniens… Selon les manifestants, seuls 20 % des poids lourds sont français.

Défendre des règles équitables

Les agriculteurs veulent refuser l’entrée de produits qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales françaises. Ils dénoncent le Mercosur, la concurrence déloyale, la sur-réglementation et la fragilisation du monde agricole.

Ils ne veulent pas que les Français « mangent ce que nous n’avons pas le droit de produire ». S’ils n’ont pas découvert de produits venus directement hors d’Europe, certains chargements interrogent, comme des légumes sans provenance exacte.Sur cette bretelle d’autoroute, les agriculteurs ne cherchent pas l’affrontement. Ils veulent montrer, concrètement, ce qui circule chaque jour sur les routes françaises. Une dernière mobilisation sur le sol haut-marnais avant le prochain rendez-vous, le 20 janvier à Strasbourg.

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Clémentine Coppola

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