L’inquiétude est à son comble pour les 5 000 stagiaires et apprentis du Grand Est. Almea Formations fait face à des difficultés financières majeures, au point qu’une procédure d’alerte a été déclenchée par le commissaire aux comptes.
Ce mercredi, la direction et les syndicats se sont réunis en comité social extraordinaire (CSE) à Châlons-en-Champagne. Au programme : un projet de restructuration qui menace directement les sites de Chaumont et Saint-Dizier, avec un risque de licenciements pour une trentaine d’enseignants.
La réponse de l’État : une vigilance « personnelle »
Interpellée par la députée haut-marnaise Laurence Robert-Dehault, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels, Sabrina Roubache, a assuré suivre le dossier de près. Dans un courrier, publié ce mercredi 15 avril, elle affirme qu’elle : « veillera personnellement à ce que les services de l’État (…) soient pleinement mobilisés à chaque étape. »
La ministre martèle son engagement afin « qu’aucun apprenti ne soit laissé sans solution et que la continuité des parcours soit garantie ». Si elle précise qu’aucune décision définitive n’est actée, l’État étudie déjà des solutions au cas par cas pour les élèves dont le cursus dépasse l’été 2026.
Un « abandon de la jeunesse »
Pour la députée (RN) de la 2e circonscription de la Haute-Marne, le constat est plus sévère. Elle juge le projet de fermeture « inacceptable » pour l’équilibre du territoire. « On supprime des formations qui fonctionnent, dans des filières artisanales essentielles, dans un territoire déjà fragilisé, précise-t-elle. Concrètement, cela signifie des centaines de jeunes contraints de partir se former ailleurs, avec un risque élevé qu’ils ne reviennent jamais. C’est un accélérateur de désertification. »
Face à cette menace, l’élue réclame des actes forts : « J’attends d’abord un moratoire immédiat sur toute fermeture et la mise en place d’une solution de maintien local des formations ». Selon elle, l’État doit garantir la survie des savoir-faire artisanaux sur place plutôt que d’envisager des transferts hors du département.
Une lueur d’espoir pour les sites haut-marnais ?
Malgré la tension, certains signaux se veulent rassurants. Nicolas Lacroix, président du Conseil départemental, a estimé que la « perspective de fermeture des sites de Chaumont et Saint-Dizier s’éloigne ». Il a toutefois rappelé que l’avenir se déciderait localement : « L’avenir de la formation en Haute-Marne se joue sur le terrain (…) pas en posant une question ouverte au Ministre. »
Une réunion cruciale se tiendra au Département à la fin du mois pour bâtir un plan d’assainissement des finances. Autour de la table, plusieurs acteurs locaux, notamment la ville de Chaumont. En attendant, les discussions détaillées sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se poursuivent ce jeudi et vendredi dans les quatre départements concernés. L’objectif reste le même : sauver un outil de formation indispensable à l’économie locale.



