Contrôle des camions
Une dizaine de camions frigos ont déjà été ouverts pour vérifier la provenance de la nourriture transportée à l’intérieur. Pour les agriculteurs, le plus dur est de se faire comprendre avec les transporteurs étrangers.

Des éléveurs de moutons dépassés
« Les éleveurs de moutons ne sont pas là pour nourrir les loups ». Le fils et les associés de Roger Bay, un éleveur ovin, ont une exploitation en polyculture, en élevage laitier, en céréales et possèdent une centaine de brebis. En novembre 2024, ils ont été victimes d’une attaque de loups. Sur une douzaine d’agnelles, trois ont été tuées : « On ne peut pas avoir d’un côté des gens qui défendent la présence du loup et puis nous qui travaillons comme des dingues pour nous protéger et malgré tout ce qu’on peut faire, le loup est très malin ».
Malgré l’installation d’une double clôture, l’une avec des fils barbelés et l’autre électrifiée, rien n’arrête l’animal. « Quand on retrouve des cadavres, on ne dort pas de la nuit … on ne peut pas continuer à travailler comme ça, c’est impossible ».
Distribution de tracts
Les manifestants distribuent des tracts aux voitures ainsi qu’aux camions qui circulent.

Mise en place du barrage filtrant
« C’est un ras-le-bol général », déclare Thierry Lahaye, agriculteur et membre du conseil d’administration de la FDSEA Haute-Marne. Le barrage filtrant se met en place aux portes de l’autoroute au péage de Chaumont Semoutiers. « Le Mercosur a été signé, mais on peut encore essayer de le faire capoter. On est pas là que pour ça, on veut essayer de montrer notre colère sur la baisse de la PAC ou la prédation en Haute-Marne ».
On est là pour contrôler les camions frigos essentiellement, voir leur conformité de papiers et leurs conformités des produits à l’intérieur. Pour ceux qui ne seront pas conformes, nous mettrons une petite étiquette ».
Les produits qui dérangent sont ceux venant « d’ailleurs » tels que des boyaux de moutons venant de Chine et qui ont été retrouvés en France.

Début du dispositif à Semoutiers
Le début du dispositif de barrage filtrant prend place entre 10 heures et 17 heures ce jeudi à Semoutiers. Une vingtaine de personnes sont d’ores et déjà sur place accompagnées de tracteurs. Leur but principal est d’arrêter les camions qui circulent pour les ouvrir et en vérifier la marchandise.
Projet de « loi d’urgence » du Premier ministre
Ce mardi 13 janvier, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a partagé sur le réseau social X (anciennement Twitter), la présentation d’une « loi d’urgence agricole » au Conseil des ministres qui se déroulera en mars.
Une déclaration qui fait suite à une demande de la FNSEA depuis quelques semaines. Ce texte va s’articuler « autour de plusieurs priorités : eau, prédation [du loup], moyens de production », détaille Sébastien Lecornu. Il sera examiné par le Parlement avant l’été.
Mobilisation agricole sur les autoroutes haut-marnaises
Ce jeudi 15 janvier, de 9 heures à 17 heures, des barrages filtrants sont mis en place à toutes les sorties d’autoroutes du département : Laferté-sur-Aube, Val-de-Meuse, Semoutiers, Rolampont et Pierrefontaines. Dès ce lundi, les JA ont donné le ton en obstruant des radars avec des ballots d’enrubannés à Chalindrey et Saints-Geosmes, marquant le début d’un mouvement déterminé.
Le prochain rendez-vous est annoncé le 20 janvier à Strasbourg, trois jours après la très probable signature du traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.

Bassoncourt : le loup brise une vocation

Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2026, 26 moutons ont été tués ou gravement blessés à Bassoncourt, au cœur du Bassigny, lors d’une attaque attribuée au loup. Un an après une première prédation ayant déjà coûté 13 brebis, l’éleveur Louis-Baptiste Brutel est à bout. Sur un troupeau de 141 ovins, il a retrouvé six cadavres et a dû euthanasier vingt animaux. Tous présentaient des morsures au cou. Le drame s’est produit le jour même où il devenait père.
Malgré les doubles clôtures et les précautions prises, les attaques persistent. Résigné, l’éleveur a décidé de cesser son activité.
Contre l’accord UE–Mercosur et pour la souveraineté alimentaire
Au cœur de la contestation : l’accord de libre-échange UE–Mercosur. Les syndicats dénoncent l’entrée possible sur le marché français de produits agricoles ne respectant pas les normes sociales, environnementales, sanitaires et de traçabilité françaises. Leur objectif est clair : contrôler l’origine des cargaisons, alerter l’opinion publique et exiger la suspension immédiate du processus de ratification tant que des garanties solides ne sont pas apportées. Ils réclament une PAC réellement protectrice, des mesures de sauvegarde efficaces et la reconnaissance du rôle stratégique des agriculteurs, refusant d’être traités comme une simple variable d’ajustement face à des produits étrangers à bas coût.
Bonjour à tous,
Bienvenue sur cet article live. Trois syndicats agricoles – la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et la Fédération départementale des producteurs de lait – annoncent une vaste mobilisation en Haute-Marne. Suivez en direct cette manifestation.



